Critique : Gangster Squad – L.A. Noire

Affiche du film Gangster Squad de Ruben Fleischer sur laquelle nous voyons Ryan Gosling assis au premier plan et Emma Stone pensive au second plan.

Gangster Squad a tout pour nous plaire. Un sujet prenant qui nous a toujours passionnés et qui nous a fait découvrir certains cadors comme Scorsese, De Palma ou Tarantino. Une bande originale reprenant des standards des années 50 toujours agréable à entendre. Un réalisateur qui nous avait surpris avec le génial Bienvenue à Zombieland mais duquel on attendait beaucoup après la déception 30 minutes maximum. Mais surtout, des têtes d’affiche prestigieuses qui constituent l’un des plus beaux castings de l’année. Il paraissait donc normal de s’emballer.

En 1949, Los Angeles est la ville de Mickey Cohen. Le caïd est devenu roi et a réussi à se mettre toutes les autorités dans la poche. Toutes ? Non. Une petite équipe résiste encore et toujours à l’envahisseur.

Après ses deux comédies, Ruben Fleischer n’a pas perdu son sens de l’humour. Il se dégage de Gangster Squad un second degré qui fait souvent mouche. Le metteur en scène ne cherche pas à tourner en ridicule le genre et les références aux œuvres de ses prédécesseurs sont plus qu’évidentes. Cependant il donne un style cartoonesque à ses séquences et certains dialogues amènent une légèreté peu commune au film de gangsters. Mais malheureusement, ce côté ironique nous empêche de prendre le long métrage au sérieux dans ses moments dramatiques. On passe d’une blague potache ou d’une situation absurde à un monologue de Sean Penn (Harvey Milk) qui nous propose ici ses réflexions à deux balles sur la vie, le progrès, l’amour, la fidélité.

Ce contraste entre les tons provoque un malaise et l’on ne comprend pas toujours où Fleischer veut en venir car il n’assume pas le côté humoristique pleinement. Cela ne nous empêche pas de passer un bon moment car malgré tout, Gangster Squad se révèle fun, assez propre dans sa réalisation et surtout porté par des acteurs qui relèvent le niveau général. Les scènes d’action ne sont pas spécialement convaincantes et le cinéaste abuse des effets ralentis mais l’on retient tout de même quelques plans assez classes, mis en valeur par une photographie très léchée. Fleischer va droit au but et amène les enjeux de son histoire rapidement, ce qui fait que l’on ne s’ennuie jamais même si l’on est conscient d’être à des années lumières des Affranchis ou des Incorruptibles. Au final, Gangster Squad est une série B divertissante mais tellement loin de nos espérances que l’on ne peut qu’être déçus.

Photo de Sean Penn et Josh Brolin dans le film Gangster Squad de Ruben Fleischer. Brolin braque Penn avec une armé qui tente de le raisonner dans un parc.

En revanche, mis à part Sean Penn qui cabotine au point d’en devenir pathétique, les comédiens sont tous excellents. Les rôles de dur à cuire vont à merveille à Josh Brolin (No country for old men) et celui-ci lui permet de nous faire une nouvelle démonstration de son talent. On regrette que les membres de l’équipe ne soient pas plus développés car ils sont interprétés par d’éternels seconds rôles américains (Anthony Mackie, Michael Peña, Giovanni Ribisi, Robert Patrick) qui remplissent leur contrat sans problème. Mais celui qui pique la vedette à tout le monde, c’est Ryan Gosling (Drive). Il incarne ici un policier vétéran de la guerre, charmeur, cool, efficace. Gosling est à l’aise dans tous les registres et c’est un régal de le voir dans la peau d’un type détendu, ce qui n’était pas vraiment le cas de ses protagonistes de Drive, Half Nelson ou Une fiancée pas comme les autres. Après Crazy, Stupid, Love, Emma Stone tombe à nouveau dans ses bras et c’est évident, ils forment le couple à l’écran le plus glamour d’Hollywood.

Gangster Squad, ce n’est pas mauvais mais nous étions beaucoup trop optimistes. Plombé par une voix off inutile, n’arrivant jamais à la cheville de ses modèles, le film nous confirme que Fleischer a du talent mais qu’il ne faut pas attendre de miracle de sa part. On aurait aimé un long métrage plus hargneux, plus personnel, assumant son propos jusqu’au bout et réalisé avec des effets moins grossiers que ceux utilisés à outrance pendant deux heures.

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