Critique : Ghost Rider, L’esprit de vengeance – Sons of nanarchy.

Affiche de Ghost Rider L'esprit de vengeance sur laquelle le Rider chevauche sa moto à toute allure dans un univers très sombre.

On va probablement se faire insulter mais chez Brozkinos, on aime beaucoup ces deux réalisateurs barjots que sont Mark Neveldine et Brian Taylor (Hyper Tension 1 & 2 ; Ultimate Game). Leur cinéma complètement barré nous fait rire et malgré toutes les mauvaises critiques et les injures qui leurs sont proférées, nous sommes convaincus de leur talent, de leurs trouvailles visuelles exprimées à travers une mise en scène grossière et tapageuse qui n’hésite pas à en faire des tonnes. Ainsi, nous attendions avec une grande impatience Ghost Rider – L’esprit de vengeance.

Une chose est certaine. Le film est largement au dessus du premier opus, bouse inestimable réalisée par le tâcheron Mark Steven Johnson, l’homme qui a réussi à casser le mythe de deux super-héros aux univers pourtant bien remplis qui offraient un grand nombre de possibilités, à savoir le Rider et Daredevil. L’homme se prend bien trop au sérieux, n’a aucun talent et c’est une honte de lui avoir confier les adaptations de ces deux êtres sombres et torturés. Il était donc facile de faire mieux que lui, surtout de la part des deux compères mais également plus difficile d’attirer des spectateurs en salles tant la déception était grande.

Photo d'Idris Elba accompagné de prêtres dans le film Ghost Rider : L'esprit de vengeance.

Ghost Rider 2 démarre bien. Très bien même. On découvre un Idris Elba (Rock’n’rolla, Luther) plus badass et charismatique que jamais dans une scène d’action prometteuse et l’on est ravi de voir un personnage secondaire enfin à la hauteur qui nous offrira probablement des séquences jouissives et qui n’aura rien à envier au héros. Et c’est le cas. Même si ses apparitions sont peu nombreuses, Idris a la classe. Puis vient le Rider. Ce bon vieux Nicolas Cage. Et à vrai dire, il nous fait plaisir. Il a enfin compris que c’est lorsqu’il fait le guignol qu’on l’aime bien, parce qu’il est devenu tellement ridicule ces dernières années que l’on ne peut plus espérer que ça de lui. Ne manquant pas de second degré, il trouve son meilleur rôle depuis Bad Lieutenant. Ce n’était pas très compliqué. Lors de sa première transformation en démon hargneux, on découvre une créature beaucoup plus crédible, beaucoup mieux travaillée et beaucoup plus drôle, qui n’hésite pas à dévorer l’âme de ses victimes en les regardant dans les yeux. On est satisfait.

Photo du Ghost Rider chevauchant sa moto dans le film Ghost Rider : L'esprit de vengeance.

Hélas, et c’est bien dommage, cet enthousiasme ne sera que de courte durée. Dans les deux Hyper Tension, Neveldine et Taylor prenaient le scénario comme prétexte à des séquences hallucinantes, atteignant un niveau de portnawak qui nous laissait rêveur. Leur non-sens était justifié. Ici, c’est l’inverse. Ils tentent de combler un scénario vide et naze par leur débilité assumée. Mais la plupart du temps, c’est inutile et ça ne fonctionne pas. On rigole, évidemment, mais à quoi bon. Entre les vingt premières minutes et les quinze dernières qui, malgré leur manque d’originalité s’avèrent convaincantes, on s’ennuie ferme et l’on attend gentiment que ça se passe. Tout cela est trop… subtil. Et pourtant, au royaume de la grossièreté, les deux cinéastes sont rois. Le bad-guy du film, Johnny Whitworth, est complètement ridicule et Ciarán Hinds, pourtant parfait la plupart du temps, en roue libre dans le rôle de Lucifer qui tente de récupérer son rejeton afin qu’il devienne l’Antéchrist.

Ghost Rider 2, c’est comme la présence énigmatique de Christophe Lambert (Highlander), c’est sympathique et rigolo mais ça ne sert pas à grand chose. On est déçu par le manque de créativité des metteurs en scène qui nous ont habitués à des œuvres plus originales et plus riches et qui ne parviennent pas, malgré de beaux moments, à rattraper un scénario assez simpliste et trop peu approfondi, notamment dans son traitement des personnages. Encore une fois, le Rider méritait mieux.

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2 réponses à Critique : Ghost Rider, L’esprit de vengeance – Sons of nanarchy.

  1. Dragan dit :

    Très bonne critique concernant cette bouse immonde qu’est le 2nd opus de Ghost rider.
    Je ne m’attarde pas plus car ayant ayant arrêté de regarder bien avant la fin j’ai vraiment eu l’impression d’avoir perdu 50mn et pourtant je suis assez fana des « nanards » car souvent ils me font bien rire et pourtant ils sont loin du budget de ce film.
    En tout cas bravo pour ce blog.

    C.D

    ps: à virer le commentaire au dessus me suis planter dans les touches 🙂

    • Kévin Romanet dit :

      Merci beaucoup pour ce commentaire Dragan c’est très gentil 🙂

      Je comprends que tu n’aies pas tenu jusqu’au bout, c’est une perte de temps !

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