Critique : Haywire – Ocean au pays de Jason Bourne

 Affiche d'Haywire sur laquelle Gina Carano est en action et où l'on découvre un portrait de tous les personnages secondaires.

Prenez le scénariste de Dark City, The Score ou encore The Limey. Ajoutez un réalisateur talentueux en la personne de Steven Soderbergh, que l’on ne présente plus. Une pincée d’acteurs qui sont prêts à le suivre corps et âmes pour être dans ses films. Cela donne Haywire, l’une des excellentes surprises de ce début d’année. Lors du visionnage du trailer, on se disait « ok, pourquoi pas, un film d’action à la Jason Bourne par Soderbergh ça peut être intéressant ». Le résultat : un K.O. (nom initial du film d’ailleurs).

L’actrice principale, une illustre inconnue qui n’a que quelques films à son actif, Gina Carano, est éblouissante. Jeu juste, pas de mimiques irritantes à la Robert Pattinson ni de lever de sourcils nonchalants à la Bruce Willis. L’histoire de notre héroïne est simple : une ancienne marine, formée par la CIA pour effectuer des missions « sensibles » se retrouve prise au piège, puis poursuivie par les forces de l’ordre et l’agence. Elle devra découvrir d’elle même la conspiration qui se trame.

Photo de Gina Carano face à l'objectif dans le film Haywire de Steven Soderbergh.

La peur de voir un énième Sans Identité ou Identité Secrète (une bousasse intergalactique) s’est vite estompée dès les premières images. Le parti pris de Soderbergh est de faire un hommage à tous ces films d’espionnages et policiers des années 1970. Ce n’est pas sans nous rappeler son travail pour l’excellent Hors d’Atteinte. Hormis les couleurs désaturées qu’il avait déjà mis en place dans le dernier film cité, il pose ici la caméra et laisse les choses se dérouler. Et côté bande sonore, son acolyte David Holmes nous replonge lui aussi dans les 70’s. Sortez les trompettes et saxos et laissez vous emporter par des thèmes nous rappelant John Barry et Lalo Schifrin.

Nous sommes à l’opposé de tous ces films contemporains d’action, qui se rapprochent souvent plus de la crise épileptique que d’une découverte savoureuse de scènes de combats. Paul Greengrass est sûrement le seul à pouvoir proposer des séquences d’actions en caméra portée si près et pourtant si lisibles par un découpage parfait.

Michael Bay lui enchaîne les ralentis et gros plans spectaculaires pour insister sur les impacts visuels. Soderbergh préfère suivre son héroïne à l’aide d’une caméra omni-fixe, de travellings, panoramiques… Et les acteurs sont tous justes, pas d’exagérations ni de prise de contrôle du film. Tout le monde est à sa place et suit le commandant.

Haywire est surement ce qui fait partie du meilleur de Soderbergh. Et pour une fois, quel plaisir de pouvoir apprécier un film d’action sans devoir prendre un Valium pour éviter l’infarctus.

Guillaume Prevost

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