Critique : Hollywoo – Casse-gueule Los Angeles

Affiche du film Hollywoo sur laquelle Florence Foresti et Jamel Debbouze sont côte à côte et tiennent la pancarte de Hollywood.

Après avoir enchaîné un grand nombre de comédies françaises toutes plus ridicules les unes que les autres, continuer d’en visionner relève du masochisme. Loin d’être des ennemis du cinéma hexagonal, nous savons apprécier certaines œuvres comiques à leur juste valeur, à l’image des Beaux gosses de Riad Sattouf, Steak de Quentin Dupieux ou les OSS 117 de Michel Hazanavicius qui apportaient toutes une vague de créativité devenue trop rare.

Avec Hollywoo, l’idée pouvait paraître bonne. Sachant que Florence Foresti et Jamel Debbouze sont deux humoristes français de qualité, ils ont par ailleurs su faire leurs preuves au septième art (Amélie Poulain ; Dikkenek). En plus de ça, lorsqu’on apprend qu’ils sont partis tourner à Los Angeles, ce qui s’avère plus prestigieux que Monaco pour Les Tuche, on se dit que les deux compères vont nous concocter quelque chose d’original et créer un décalage sympathique entre la culture franchouillarde et celle du pays des hamburgers.

Dans le film, Foresti incarne une doubleuse d’une star américaine qui se sentira obligée de partir à L.A. pour redonner confiance à celle qui lui permet de gagner sa vie, victime d’une dépression. Comme d’habitude, on s’est mis à espérer pour pas grand chose. Evidemment, on rira quelque fois du duo qui a quelques vannes en réserve. Mais faire du One (Wo)Man Show dans un long métrage au scénario creux pendant plus d’une heure et demie, ça devient très vite lassant pour le spectateur.

Photo de Jamel Debbouze et Florence Foresti riant ensemble dans l'avion dans le film Hollywoo.

On pardonne les incohérences magistrales car on sait ne pas tout prendre au premier degré. Mais que dire de tous les stéréotypes épuisés et réutilisés ici tout au long du film, et de Muriel Robin. Les afro-américains paraissent méchants dans leur BMW mais en vérité ce sont de gros nounours. A l’inverse, les personnes de la haute société sont pour la plupart de belles enflures. Mais le plus (involontairement) drôle, ce sont les comédiens qui ont été choisis pour incarner les stars américaines. D’un côté, nous avons un sous Roy Dupuis (L’instinct de mort), au torse épilé, symbole de l’éternel enfoiré qui ne peut s’empêcher de tromper mais qui reste tout de même sympathique avec son accent québécois. De l’autre, nous avons le prototype de la star de série façon Kristen Bell (Veronica Mars), nunuche mais vraiment adorable. Nous avons fait un tour du côté de sa filmographie, et cela s’est avéré plus réjouissant que le film : Traque sur internet 2.0, Walker Texas Ranger… Du grand art.

On nous a dit un jour que les blagues les plus courtes sont souvent les meilleures. On espère donc que Foresti et Debbouze ne retenteront pas une telle expérience. On pardonne les deux humoristes et l’on se conforte dans l’idée que passer de la scène à l’écran n’est pas toujours une excellente solution. Ne perdez pas votre temps et allez plutôt voir Radiostars, dont les retours sont très bons, et qui est réalisé par un passionné (Romain Levy) qui a envie de se faire plaisir et de contenter ses spectateurs.

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