Critique : Hugo Cabret – Très beau cadeau de fin d’année

Affiche du film Hugo Cabret de Martin Scorsese sur laquelle le jeune héros est pendu à l'horloge d'une gare parisienne sous la neige.

Martin Scorsese est l’un des meilleurs réalisateurs que le cinéma ait connu. Sa contribution pour le 7ème art est gigantesque, que ce soit à travers ses œuvres ou ses engagements vis à vis de sa passion, comme celui de restaurer et de conserver des films d’époque. Chez Brozkinos, il faut dire qu’on est pas totalement objectifs. Il pourrait mettre en scène un huis clos de quatre heures dans un WC, on trouverait ça génial.

Mais quand on vous dit que sa nouvelle livraison Hugo Cabret est sublime, il faut nous croire. Pour célébrer ses 48 ans de mariage avec le cinéma, il a décidé de rendre hommage à ses inventeurs comme les Frères Lumière ou Georges Méliès et aux œuvres marquantes du début du siècle comme The Great Train Robbery, Nosferatu, Loulou, les films de Chaplin et bien d’autres encore. Mais Marty n’est pas du genre à rester bloqué dans le passé, loin de là. Il agrémente donc son récit d’une 3D que James Cameron a qualifié comme la contribution la plus riche et intéressante du relief au cinéma. Cette fois-ci, n’hésitez donc pas à prendre une paire de lunettes.

Mélangeant son récit de fiction et de réalité, Scorsese reconstitue le Paris des années 30 avec brio et le spectateur s’en rend compte dès la magnifique première image. Il centre son histoire dans la gare Montparnasse où de nombreux commerçants s’exposent, comme ce Méliès vieillissant en vendeur de confiseries et réparateur de jouets. L’inventeur des effets spéciaux a d’ailleurs vraiment tenu le stand après une fin de carrière assez difficile. Mais le véritable héros est Hugo Cabret comme le suggère le titre. Le petit roublard orphelin erre dans la gare, s’occupe des horloges et échappe au gardien campé par Sacha Baron Cohen. En résulte des courses poursuites burlesques qui ne sont pas sans nous rappeler Chaplin ou Buster Keaton. En rencontrant Isabelle, jouée par Chloé Gräce Moretz (Kick Ass),  Hugo s’embarque dans une incroyable aventure.

La partition d’Howard Shore colle parfaitement à l’univers. Le casting est quatre étoiles comme c’est souvent le cas avec le réalisateur. Il retrouve des habitués comme Ray Winstone, Jude Law ou Ben Kingsley et fait un bout de chemin avec des inconnus de sa filmographie comme la légende Christopher Lee. Il parvient même à rendre Borat touchant, ce qui n’était pas gagné. Malheureusement certains personnages manquent d’épaisseur et n’apparaissent que brièvement, comme celui d’Emily Mortimer. Le film n’est également pas exempt de longueurs et les enfants risquent de s’ennuyer un peu.

En tout cas, le papy tient toujours la route et ne reste en rien sur ses acquis déjà considérables, tentant des expériences dans des nouveaux genres avec des techniques de mise en scène inédites. Hugo Cabret est un petit joyau, une déclaration d’amour au cinéma comme peu en sont capables.

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Une réponse à Critique : Hugo Cabret – Très beau cadeau de fin d’année

  1. Bel hommage effectivement. Je viens juste de le visionner et ne m’attendais pas à ça. Je regrette bien de ne pas l’avoir vu au cinéma à l’époque…la bande annonce ne m’avait pas vraiment accroché, comme quoi le marketing, c’est important!

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