Critique : Il était une fois dans l’Ouest – La mouche, le colt et le truand

Affiche du film Il était une fois dans l'Ouest de Sergio Leone sur laquelle trois hommes armés de fusil attendent l'arrivée d'un train dans une gare.

Tout commence dans une gare. Trois hommes arrivent et attendent. Ce qu’ils cherchent, on ne le saura qu’au bout de dix minutes.

C’est ainsi que débute le chef d’œuvre de Leone, Il était une fois dans l’Ouest. Sergio est un amateur, voire même un fan de spaghettis au point qu’il intitulera ses westerns du même qualificatif. Même si cela n’est pas totalement vrai, il reste sans aucun doute le plus grand cinéaste à y avoir participé. Il nous a quitté trop tôt mais laisse derrière lui une œuvre considérable et unique. On se souvient de sa trilogie du dollar porté par le mystérieux Clint Eastwood mais aussi des trois Il était une fois. Il a offert à des comédiens certains de leurs plus beaux rôles, comme Robert de Niro, James Woods ou Charles Bronson. Son style contemplatif et pessimiste est aux antipodes du western burger caractérisé par John Ford (La Poursuite Infernale) ou Howard Hawks (Rio Bravo), même s’il avouait volontiers s’en inspirer. Trêve de plaisanteries, revenons en à cette scène d’ouverture. Longue. Très longue. Mais sublime.

Les trois hommes attendent donc l’arrivée d’un train. Et probablement d’une personne. Pour s’occuper, l’un enferme un pépé vendeur de tickets dans un placard. L’autre boit des gouttes d’eau. On reconnaît Woody Strode, Le sergent noir (1960). Le dernier, on ne sait pas trop, mais il n’a pas l’air très futé. Le silence règne. On entendrait même les flatulences d’une mouche. Ce ne sera pas le cas, mais du moins son battement d’ailes sera perceptible, et il nous irritera. C’est également le cas de Jack Elam, le strabisme le plus connu du cinéma américain. L’insecte va tellement l’agacer qu’il parviendra à le coincer entre son doigt et son pistolet. Et là, une question nous taraude : va-t-il tirer ? Nous en sommes à environ sept minutes de film, et l’on attend qu’il se passe quelque chose. Tire Jack, fais quelque chose, explose ton doigt. Puis, un bruit. Le train. On le voit, foncer à tout berzingue sur les rails en direction de la gare. Les hommes se préparent, la main sur le colt. La tension monte. Le train s’arrête. Personne, au premier abord.

La suite, soit vous la connaissez, soit vous pouvez la découvrir dans la magnifique ressortie en Blu-Ray du chef d’œuvre, en version originale ou restaurée. Un Harmonica, un Cheyenne, des cache-poussière, Ennio Morricone. L’une des plus belles danses avec la mort du 7ème art.

Ce contenu a été publié dans Recadrage. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *