Critique : Immortels – Un demi navet pour Superman ?

Affiche du film Immortels de Tarsem Singh sur laquelle Henry Cavill paraît prêt à combattre devant un fond noir où des éléments colorés semblent flotter.

Il y a quelques mois sortait au cinéma Les Immortels (maintenant disponible en DVD / BluRay), péplum fantastique sur l’histoire de Thésée. Thé qui? Mais si, vous savez le roi d’Athènes, le Minotaure, Dédale, Ariane, etc. Un mythe quasiment jamais adapté au cinéma vu la consistance du travail et toute la complexité d’un point de vue social, politique et mythique.

Et pourtant, c’est un réalisateur critiqué et enrhumé qui s’y colle, Tarsem Singh. En près de 15 ans, il n’a fait que 4 films: The Cell, avec Jennifer Lopez; The Fall, The Immortals et prochainement Mirror Mirror sur Blanche Neige (avec Julia Roberts). Ce qui est dommage avec ce réalisateur, c’est qu’il se concentre principalement sur l’esthétisme plutôt que le fond. Ces images ont toujours été belles, à l’instar de ses décors et costumes. Mais ce qui pêche vraiment, c’est le scénario.

Dans les Immortels, exit toute l’histoire de Thésée. On le prend jeune adulte, avec son peuple ionien, face à l’envahisseur Hypérion qui veut libérer ses papounets Titans. Mélangeons un soupçon d’oracle (Phèdre), les dieux de l’Olympe, une bonne camaraderie et c’est parti, la baston peut commencer. Une fois de plus nous sommes devant un héros pas content qui veut venger sa famille, un Batman de l’antiquité.

Une déception accentuée par le jeu des acteurs. Henry Cavill, notre prochain Superman prouve qu’on peut lui donner des premiers rôles, Stephen Dorff est toujours aussi bon dans ses seconds rôles, pourtant souvent oublié. À l’opposé, on déplore les jeux de Mickey Rourke en bad guy tyran qui est sur le tournage pour ses impôts et Freida Pinto qui nous fait une Phèdre tout sauf dans le ton, sans vie, sentimentale à en faire rire un razmoket.

Photo d'Henry Cavill prêt à combattre armé d'une épée dans le film Immortels de Tarsem Singh.

Et les dieux dans tout ça? Nous vous dirons qu’ils sont certainement la meilleure réussite du film. Autant scénaristiquement il n’y a rien qui prend, autant le visuel et l’opposition entre humains et dieux fonctionne. Cela commence avec le jeu des acteurs (Luke Evans en Zeus, Isabel Lucas en Athéna), bien loin des jeux blafards de Liam Nesson et Ralph Fiennes dans Le Choc des Titans. Les costumes sont bien pensés, les décors de l’Olympe plutôt réussis. Mais le travail le plus intéressant est la différenciation qu’il est fait des rapports hommes / dieux. Hormis la communication, les rapports de forces sont eux aussi différents. Les combats entre humains sont brefs, barbares et réels ; les dieux eux se battent contre les titans (ou les hommes d’ailleurs) au ralenti, avec des mouvements amples et majestueux tout en étant meurtriers.

C’est d’ailleurs une bonne idée qui est soulignée par Zeus vers la fin du film, lorsqu’il ordonne à Thésée d’aller abattre Hypérion, un humain, et de laisser aux Dieux l’affaire des Titans.

Au final, un jeu d’acteurs disparate pour un film sans fond. A regarder pour certaines beautés visuelles et certaines idées de mise en scène intéressantes et pour y découvrir (si cela n’est pas déjà fait) un futur Superman (Man of Steel de Zack Snyder) qui figure être un bon acteur.

La note du mois :              Réalisation / Esthétisme : 14                   Scènario : 9

Guillaume Prévost

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