Critique : Jason Bourne, l’héritage – La relève

Affiche du film Jason Bourne : L'héritage réalisé par Tony Gilroy. Jeremy Renner est au centre de l'affiche face à l'objectif, braquant son arme vers un ennemi. NOus découvrons les personnages secondaires et l'univers du film sur un montage de plusieurs petites photos.

On attendait beaucoup de cette suite. Evidemment, nous étions sceptiques car nous nous interrogions sur ce que les scénaristes allaient avoir à raconter après la brillante conclusion de La vengeance dans la peau. Les auteurs ne pouvant plus puiser dans les romans de Robert Ludlum, l’auteur de la trilogie initiale, Matt Damon et Paul Greengrass n’étant plus de la partie, on se demandait comment Jason Bourne allait pouvoir nous intéresser puisqu’il avait déjà réglé tous ses problèmes d’identité et fait des galipettes aux quatre coins du monde. Puis, nous avons appris que ce ne serait plus Jason Bourne mais un autre agent qui aurait lui aussi son lot d’énigmes à résoudre et qu’il serait interprété par Jeremy Renner, le type qui nous avait sciés dans Démineurs et The Town.

Dans ce nouvel opus, l’action débute au même moment que La vengeance dans la peau. Le cas Jason Bourne a fait émerger des dossiers qui risquent de compromettre le gouvernement. On découvre qu’il n’y avait pas que le programme Treadstone que Bourne avait dû expérimenter mais aussi Outcome, encore plus dangereux. Lorsque l’organisation en charge d’Outcome décide de liquider les agents du programme pour ne pas éveiller les soupçons, Aaron Cross, l’un d’eux, est obligé de se battre pour sa survie.

Dans sa première partie, Jason Bourne : l’héritage, fait habilement le lien avec les précédents longs métrages. Tony Gilroy, auteur des trois premiers scripts, passe à la réalisation et nous replonge immédiatement dans l’ambiance qui caractérisait la trilogie. Le premier plan du film est quasiment identique à celui de l’ouverture de La mémoire dans la peau et au dernier de La vengance. Par ailleurs, le compositeur James Newton Howard reprend le thème de son prédécesseur John Powell et l’on retrouve également dans cet opus quelques acteurs emblématiques de la saga, à l’image de Joan Allen (Volte Face), David Strathairn (Good night and good luck) ou Albert Finney (Wolfen). Cependant, ils ne sont présents que pour de brèves apparitions qui assurent la transition entre les deux parcours.

C’est là qu’on se rend compte que Gilroy a tenu à rester fidèle tout en s’émancipant de ses modèles. Les trois personnages principaux, interprétés par Renner, Rachel Weisz (The constant gardener) et Edward Norton (Fight club), sont complètement indépendants de l’univers d’origine. Ils ont leur propre histoire et malheureusement, elle s’avère beaucoup moins convaincante que celle de Bourne. Comme dans le très sympathique Duplicity, Gilroy nous replonge dans le monde de l’industrie pharmaceutique avec beaucoup moins d’humour certes et surtout beaucoup plus d’action. Son scénario tient la route mais ne passionne pas en raison des enjeux qui frôlent parfois le ridicule. De plus, avec sa durée de 2h20, le film ne réussit pas à éviter les longueurs. A la fin, on se rend compte que cet épisode est uniquement une passerelle vers une nouvelle trilogie et ne servait qu’à nous présenter un trio de protagonistes. On sort satisfait avec l’envie de voir la suite mais on a bien peur que les prochains soient à l’image de cet Héritage, efficaces mais vains.

Du côté de l’action, Gilroy reprend les procédés de mise en scène de Paul Greengrass et réussit à tenir son spectateur en haleine, notamment lors d’une première partie qui s’apparente à un survival et pendant la conclusion sans temps mort dans les rues de Manille. Physiquement, Jeremy Renner est impressionnant. Plus froid que Matt Damon, il est néanmoins aussi attachant dans la peau de ce soldat sacrifié. L’acteur fait désormais partie de toutes les franchises (Avengers, Mission Impossible 4) et il se démarque une nouvelle fois grâce à son charisme. Il n’y a rien à dire sur la prestation de Rachel Weisz, comme d’habitude. En revanche, on aurait aimé que le personnage d’Edward Norton soit plus fouillé. Dans un bureau les trois quarts du film, l’acteur n’a pas la possibilité d’exploiter tout son potentiel.

Jason Bourne : l’héritage est une suite qui n’est pas forcément utile mais qui permet de passer un agréable moment. On est déçu par le scénario qui fait subir une trop lourde baisse de régime au film dans sa deuxième partie. En revanche, on ne peut que souligner les qualités de jeu de Renner qui remplace Matt Damon sans difficulté.

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