Critique : Kick-Ass 2 – The Losers

Affiche de Kick Ass 2 sur laquelle nous voyons un portrait de tous les personnages principaux dans leur tenue de super-héros.

Encore des mecs masqués, et en plus dans une suite ? Si l’affiche de Kick-Ass 2 ne rassure pas et nous confirme que les blockbusters cette année souffrent d’un gros manque de surprises (Wolverine, Iron Man 3, Insaisissables…) et offrent à leur public des rebondissements tellement redondants qu’il finit par les attendre impatiemment, nous restions néanmoins enthousiastes vis à vis de cette suite apparemment plus vicieuse que le premier épisode. Puis lorsqu’on voit la dégaine de Jim Carrey, la trogne d’attardé de Christopher Mintz-Plasse et le masque d’Aaron Taylor-Johnson qui a la couleur d’un slip pour enfants, on se dit qu’il y a peut être de quoi passer un bon moment.

On pourra faire tous les reproches que l’on veut au premier mais Matthew Vaughn (Layer Cake) nous avait offert une œuvre fun, décomplexée qui ne manquait pas de rythme et qui était portée par un casting dément (Nicolas Cage est retourné s’enfoncer depuis). Pour ce deuxième opus, Vaughn passe le flambeau à Jeff Wadlow, réalisateur de l’ultime film de kékés, Never Back Down. Et à vrai dire, la différence se ressent immédiatement même si Vaughn assure tout de même la production de cette suite.

Kick-Ass 2 est un enchaînement d’incohérences grotesques dépourvu de tout scénario. Le jeune héros est retourné au lycée. Il décide de reprendre son costume et d’aller se battre contre son ennemi juré qui s’est transformé en l’abominable Motherfucker. Heureusement, il y a Hit Girl. Depuis le premier opus, c’est elle le personnage le plus intéressant et ici, c’est la seule qui est abordée avec un véritable intérêt. Impossible de s’attacher aux autres losers magnifiques car leur traitement est dénué d’émotions et la seule chose qui importe à Wadlow, ce sont les vannes et la baston. Au niveau des gags, il faut reconnaître que l’on a beaucoup ri même si Kick-Ass 2 se révèle au final plus potache que politiquement incorrect malgré quelques situations corrosives et un propos réactionnaire qui en fera gerber plus d’un.

Photo d'Aaron Taylor-Johnson et Chlöe Grace Moretz dans le film Kick Ass 2. Les deux comédiens sont en tenue de super-héros dans un garage et semblent faire face à d'autres personnages.

Lorsqu’il filme des combats, Wadlow devient épileptique et si vous vous concentrez, vous pourrez apercevoir la bave de ses crises durant les séquences les plus agitées. Des idées, il y en a mais elles sont en général mal exploitées. Cela ne nous empêche pas de prendre du plaisir et le second degré omniprésent fait passer la pilule.

Kick-Ass 2 possède également des qualités et de l’originalité dans certains retournements de situation. Malheureusement, Wadlow est incapable de transmettre le moindre sentiment avec sa caméra sans être aidé d’un coup de batte, d’un pet ou d’une giclée de sang. Des thèmes comme le passage de l’adolescence à l’âge adulte ou le recours à la violence et ses conséquences sont donc passés à la trappe. Il ne sait également pas comment intégrer ses personnages secondaires (y compris Jim Carrey, pourtant génial), qui bénéficiaient pourtant d’un potentiel extraordinaire. On connaît le débit de Donald Faison (Scrubs) et il n’a pas la moindre possibilité de s’exprimer.

Malgré cela, il reste Hit Girl et le Motherfucker, toujours impeccables et à l’origine des répliques les plus drôles ou des scènes les plus badass. Chloë Grace Moretz (Hugo) est impressionnante et il est fort possible, vu la situation actuelle à Hollywood, qu’un long métrage lui soit entièrement consacré dans quelques années.

En attendant, si vous cherchez un divertissement fun, préférez Kick-Ass 2 à R.I.P.D ou RED 2 mais n’allez pas y chercher une quelconque logique ou subtilité. Le problème du film est de vouloir contenter les geeks (encore une fois le terme est loin d’être une insulte) avec les habituels stéréotypes du genre sans jamais les dépasser ou les contourner pour transmettre un message ou secouer son public. Pourquoi faire les choses compliquées quand on peut prendre notre cible pour des idiots ?

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