Critique : Killer Elite – Quand la moustache crée des doutes.

Affiche de Killer Elite qui réunit Jason Statham, Robert de Niro et Clive Owen pris en noir et blanc, armés et déterminés.

Depuis maintenant plusieurs années, Jason Statham se déchaine dans des films qui sont la plupart du temps de bons gros plaisirs coupables (Course à la mort, Hyper tension) quand ce ne sont pas des nanars atteignant un mauvais goût inimaginable (Le Transporteur 3, King Rising). Sa réputation de gros bourrin aux expressions limitées, Statham la connaît et n’hésite pas à en jouer, comme dans les Expendables de Stallone. Son sens de l’autodérision a augmenté chez nous son capital sympathie. On fait donc toujours preuve d’une certaine indulgence envers ses films, curieux à l’idée de voir dans quelle galère Jas’ s’est fourré et quelles pirouettes il va effectuer pour s’en sortir.

Lorsqu’il réussit à partager l’affiche avec la légende De Niro et Clive Owen, le type qui a joué dans L’enquête et Les fils de l’homme, deux grands films de genre beaucoup trop sous estimés, on ne peut que s’attendre à un résultat jouissif, rempli de scènes d’action et de joutes couillues entre les trois bonhommes. Je me souviens de ma découverte du poster : « Stath’ a sorti les Ray Ban. Bob a pris son M-16. La grande classe. Clive s’est laissé pousser une moustache. » C’est cette moustache qui m’a rendu sceptique. Quelque chose clochait.

Photo de Jason Statham sautant sur un ennemi alors qu'il est attaché à une chaise dans le film Killer Elite.

Evidemment j’ai été déçu par Killer Elite. Tout cela est très premier degré, et il n’y a que De Niro pour lâcher une ou deux vannes. C’est bien dommage. Pour l’humour, on se consolera avec les scènes de flashback ridicules de Statham, que l’on voit dans une ferme australienne couper du bois en chemise à carreaux et s’amouracher d’Yvonne Strahovski qu’il devra malheureusement laisser pour reprendre du service. Niveau scénario et action, la première partie du film est convaincante et nous plonge dans les années 80 durant lesquelles trois tueurs à gages doivent éliminer des anciens agents du SAS (services secrets britanniques). L’ambiance est sympathique, les séquences spectaculaires peu nombreuses mais toujours réussies et les combats entre Statham et Owen crédibles. On se laisse prendre au jeu sans difficulté. Mais lorsque cette première heure touche à sa fin et laisse place à des complications grotesques, on prend tout de suite beaucoup moins de plaisir. Evidemment, on se console avec un De Niro beaucoup plus agréable et léger que dans ses derniers films (Stone, Limitless), ainsi que par les cascades de Statham qui réussit à donner des kicks tout en gardant son postérieur vissé sur sa chaise. D’un côté, on a ce qu’on attendait, c’est à dire des coups de feu et des fights. Mais ils viennent combler un scénario beaucoup trop sérieux, rempli de subtilités inutiles uniquement présentes pour justifier la mention « Inspiré de faits réels ».

Si vous vous attendiez à un plongeon ultra réaliste dans l’univers de l’espionnage, c’est loupé. Par contre, si vous avez envie de mettre votre cerveau sur Pause pour apprécier une série B classique et assez honnête dans ses scènes d’action, vous pouvez vous procurer Killer Elite sans problème.

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