Critique : La chute de la Maison Blanche – Demolition Man

Affiche du film La Chute de la Maison Blanche sur laquelle nous voyons Gerard Butler armé avec au second plan la Maison Blanche en train d'exploser. Un drapeau américain brulé est visible à la droite du héros.

Gerard Butler fait partie de ces types qui passent complètement à côté de leur carrière. Après avoir ramé de nombreuses années dans des films moyens, il s’est fait découvrir grâce à un blockbuster dans lequel il était très convaincant (300) avant de retourner faire des films moyens (Machine Gun Preacher, L’abominable vérité)  voire totalement médiocres (Le chantage, Le chasseur de primes) malgré deux ou trois bonnes surprises comme l’actionner féroce Ultimate Game ou le chassé-croisé de gangsters Rock’n’rolla. Aujourd’hui, avec la sortie en vidéo d’Ennemis jurés et l’arrivée en salles de La chute de la Maison Blanche, le comédien ne se renouvelle pas et reste enfermé dans son rôle de dur à cuire déterminé. Néanmoins, on ne pourra pas dire que ces deux œuvres sont inefficaces et mal construites.

Dans le long métrage d’Antoine Fuqua, Butler interprète un ancien garde du corps du Président qui a dû quitter son emploi suite à un terrible accident et va avoir la possibilité de se racheter en combattant des terroristes qui ont pris d’assaut la Maison Blanche.

Il y a énormément de choses détestables dans La chute de la Maison Blanche. Dégoulinant de patriotisme et de valeurs puritaines, l’œuvre d’Antoine Fuqua empile les clichés mais ce qu’on ne peut pas lui reprocher, c’est de les assumer pleinement et d’en tirer parti. En effet, Fuqua sait à quel type de spectateur il s’adresse, est pleinement conscient que le public est venu voir un film d’action bourrin, rempli de stéréotypes et mettant en valeur des héros sous stéroïdes qui n’ont peur de rien et surtout pas d’une soixantaine de nord-coréens armés jusqu’aux dents venus défourailler dans la capitale pour prendre le Président en otage.

Comme il l’avait fait dans Shooter, autre long métrage d’action de bonne facture, Fuqua exagère et n’hésite pas à mettre le paquet sur les effets pyrotechniques. Les actes de terrorisme qui ouvrent le film sont assez impressionnants et l’on est ravis de voir que le réalisateur n’a pas peur d’exterminer de nombreux innocents. Ce n’est pas John Rambo, mais l’on est dans un registre moins politiquement correct que Fast Five par exemple, dans lequel toute la ville de Rio était épargnée malgré les frasques des kékés en débardeur.

Photo d'Angela Bassett, Morgan Freeman et Robert Forster dans le film La Chute de la Maison Blanche. Les trois acteurs font partie d'un Conseil d'Etat visant à sauver le Président de l'assaut sur la Maison Blanche.

C’est cette violence omniprésente qui nous a étonnés. Le héros est un gros réactionnaire sans remords qui ne fait pas dans la philosophie et l’on suit son parcours totalement absurde avec un œil amusé comme on le faisait dans les années 80 et 90 devant les œuvres de Schwarzy ou Stallone, même si le résultat a ici beaucoup moins de charme. Ce qui s’avère en revanche grotesque, c’est la capacité du Président et de son entourage à vivre positivement les séances de torture. Sans vouloir faire de mauvaise foi, on doute qu’une Secrétaire Générale soit entrainée à résister à un enchaînement de high kicks avant de se laisser pendre par les pieds pour se faire trancher la gorge dans l’unique but de protéger son pays. Mais encore une fois, on sent que Fuqua assume ce côté puritain gerbant et même si La chute de la Maison Blanche manque d’une touche de second degré, on imagine que le cinéaste ne s’est pas pris au sérieux en tournant son film. Et si c’est le cas, c’est assez grave.

Les scènes d’action sont bien mises en scène et le long métrage envoie au tapis des récentes daubes qui paraissaient pourtant plus prometteuses à l’image de la catastrophe Die Hard 5. On n’échappera pas aux longues séquences de discussions faussement importantes autour d’une longue table qui ne servent qu’à justifier un banal « Faites le maximum, tuez les tous ! » mais heureusement, ce sont les excellents Morgan Freeman (Million Dollar Baby), Angela Bassett (Malcolm X) et Robert Forster (Jackie Brown) qui se donnent la réplique. Gerard Butler s’en donne à cœur joie pour trucider le maximum de méchants asiatiques venus attaquer le gentil Président.

La chute de la Maison Blanche, c’est fun, décomplexé et sans prétention mais attention, ça reste un film de beaufs. Allez y avec du popcorn, du Dr. Pepper et votre tupperware de poulet frit.

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Une réponse à Critique : La chute de la Maison Blanche – Demolition Man

  1. Ah mais je sens que ce film devrait me plaire !
    Il va me falloir ne plus perdre de temps et foncer filer un coup de main à Gérard en matant ses exploits sur grand écran !
    Mais bon, ce ne sera pas pour ce soir, ce soir, c’est Joe Joe ! yeaaah Gi Joe 2 ^^

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