Critique : La ligne verte – Miracle carcéral

Affiche du film La Ligne Verte de Frank Darabont sur laquelle Tom Hanks de profil en tenue de gardien de prison, regardant au dessus de lui, est dessiné.

Vous saviez qu’il existait des films capables de vous faire maigrir ? La ligne verte est loin d’en être le précurseur, mais il fait partie de ces longs métrages des années 90 à l’image de Philadelphia, Légendes d’automne, Forrest Gump ou Braveheart utilisés par de nombreux diététiciens pour faire perdre du poids à certains de leurs patients. Avant toute chose, il faut reconnaître que toutes les œuvres évoquées ont beaucoup de qualités. Mais leur vertu thérapeutique n’est pas due à leur points forts ou points faibles.

Le premier élément qui a attiré l’attention des scientifiques, c’est leur durée. Tous ces films dépassent les 6h48, sauf peut être Philadelphia. En sachant que l’on perd 83 calories par heure devant un programme à cause de la concentration, vous obtenez une évacuation de 479 calories. Le deuxième élément est que le but principal de toutes ces œuvres est de vous faire chialer. Mais attention, pas la petite larmichette subtile que vous pouvez dissimuler à votre compagne avant de lui demander tendrement, ou virilement : « C’est toi qui est en train de couiner bébé ? ». Non, ici vous ne pourrez pas vous cacher, les réalisateurs ont pensé à tout, et à un moment donné, vous y passerez. Vous finirez asséché.

La ligne verte est probablement l’exemple le plus représentatif. Pour ne pas gâcher le secret du film pour ceux qui ne l’ont jamais vu, nous allons seulement nous attarder sur une scène. Il faut savoir que l’œuvre de Frank Darabont, inspirée d’un roman de Stephen King, est très religieuse. Dans tous les plans, dans chaque image, une référence à la bible est intégrée, de manière subtile ou grotesque, à l’image de l’infection urinaire de Tom Hanks, qui rappelle évidemment le voyage de Paul et Barnabé en Pamphylie. En cela, La ligne verte est l’un des films préférés de Sarah Palin.

Photo de Tom Hanks et Michael Clarke Duncan dans le film La Ligne Verte de Frank Darabont. Michael Clarke Duncan montre quelque chose en l'air à Tom Hanks dans la prison.

La scène abordée représente l’arrivée d’un prisonnier dans le couloir de la mort tenu par le personnage de Tom Hanks et ses compagnons, incarnés par les brillants David Morse (The Rock) et Barry Pepper (True Grit), qui à ce moment de l’oeuvre ne sont pas encore conscients que l’homme qui débarque va bouleverser leur vie à jamais. Le détenu en question est un noir gigantesque, un Goliath interprété par Michael Clarke Duncan (Armageddon). Nous sommes en 1935, en Louisiane. Alors forcément, Duncan se fait traiter de « pute nègre » par tout son entourage. Il arrive devant Forrest Gump, se présente et dit qu’il ne sait pas écrire. Il est touchant, en larmes, et l’on sent déjà qu’il s’en est pris plein la tronche et que c’est loin d’être fini. En cela, La ligne verte est l’un des films préférés de Jacques Masrine Le Pen.

Avec ce long métrage, Frank Darabont signe une œuvre dans la continuité des Evadés. Porté des acteurs fabuleux, le film est émouvant mais l’aspect religieux trop appuyé et la durée nous gâchent légèrement le plaisir. Manichéenne, lourde et naïve, La ligne verte est une friandise beaucoup trop sucrée qui provoquerait presque l’écœurement. Presque.

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