Critique : L’affaire Rachel Singer – La mémoire dans la peau

Affiche du film L'affaire Rachel Singer. Un portrait d'Helen Mirren est visible en haut de l'affiche. En bas, Jessica Chastain et Sam Worthington sont armés en bas de l'affiche et semblent être en pleine opération.

Il aura fallu moins de deux ans et dix films pour que Jessica Chastain s’affirme comme la nouvelle actrice incontournable d’Hollywood. A l’aise dans tous les registres, elle nous a tout d’abord bluffés dans son rôle de mère aimante dans The Tree of life. Puis, il y a eu le choc indé Take Shelter et l’excellent Des hommes sans loi dans lequel elle formait un duo plus qu’attachant avec Tom Hardy, l’autre cador qui a explosé subitement. Nommée aux Oscars l’année dernière pour son personnage de potiche sympathique de La couleur des sentiments, elle l’est à nouveau pour son interprétation dans Zero Dark Thirty, le thriller sur la traque effrénée de Ben Laden en salles la semaine prochaine. Et ce n’est pas son premier film d’action puisqu’elle avait déjà tourné dans L’affaire Rachel Singer qui n’aurait pas été de la même qualité sans elle, c’est certain.

On ne peut pas dire que L’affaire Rachel Singer soit un long métrage passionnant. Son synopsis fait envie mais malheureusement, John Madden (Shakespeare in Love) le met en scène de manière trop classique et ne parvient pas à le rendre original ou surprenant. Le spectateur est pourtant censé découvrir un secret terrible. Au final, il regarde le résultat avec un œil amusé mais légèrement passif.

Pourtant tout cela commençait plutôt bien. De nos jours, trois anciens agents du Mossad découvrent qu’une sombre affaire qui les a liés dans leur jeunesse remonte à la surface et qu’ils vont devoir agir pour éviter le scandale. Nous revivons ainsi à travers un long flashback l’histoire de cette opération tendue qui ne s’est pas du tout déroulée comme prévue.

Photo de Jessica Chastain, Marton Csokas et Sam Worthington dans le film L'affaire Rachel Singer. Les trois acteurs discutent un bar autour d'une bière.

Madden utilise un procédé narratif inhabituel mais l’on s’y retrouve toujours puisqu’il concentre les événements passés sur une seule grosse partie. Il ne prend donc pas de risques, signe un travail propre mais qui manque d’audace et d’ambition mais heureusement, il bénéficie de comédiens talentueux qui rendent le résultat assez plaisant. On retrouve bien sur Jessica Chastain en Rachel Singer jeune mais également Sam Worthington, acteur au succès inexplicable qui s’avère particulièrement convaincant ici, ce qui n’était pas le cas de la plupart de ses sorties récentes (La colère des titans, Dos au mur). On est séduit par la relation tragique qui les unit et est plombée par le troisième membre du trio, interprété par Marton Csokas (Le seigneur des anneaux) dans sa version playboy et Tom Wilkinson (Indian Palace) dans sa version rabougrie.

Le côté le plus réussi du film est l’évolution du personnage de Rachel. Jessica Chastain met très bien en avant le côté ambitieux de la jeune femme fragile. Helen Mirren (The Queen) prend ensuite la relève et nous dévoile une Singer désabusée, meurtrie et impitoyable. Mirren pourrait interpréter un réfrigérateur avec crédibilité et comme d’habitude, elle est irréprochable.

L’affaire Rachel Singer est un remake décevant mais est porté par un casting impeccable qui méritait bien mieux que ce petit film pas désagréable et inintéressant, qui n’apporte cependant rien au genre.

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