Critique : L’agence – Coup de foudre à Manhattan

Affiche du film L'agence sur laquelle Matt Damon et Emily Blunt courent sur un toit de New York. Les ombres d'hommes vêtus d'un chapeau sont visibles sur les immeubles.

La science fiction, ça peut donner naissance à des œuvres très complexes (2001 : L’odyssée de l’espace) mais ça engendre également des longs métrages bien débiles (Alien versus Predator : Requiem, The darkest hour). Pendant que certains essaient de se creuser les méninges pour ravir les amateurs du genre, à l’image de Guillermo Del Toro et Alfonso Cuarón qui planchent actuellement sur Pacific Rim et Gravity, d’autres continuent de se payer la tête des spectateurs en accumulant suites et remakes qui puent l’arnaque (la saga Underworld, Total recall) ou en escroquant le public avec des concepts qui s’épuisent très vite, à l’image du found footage (Apollo 18).

Adapté d’une nouvelle du maître Philip K. Dick, à qui l’on doit des œuvres cultes telles que Blade Runner ou Minority Report, L’agence a débarqué sur nos écrans en 2011 avec un postulat assez inhabituel. En effet, le scénariste et réalisateur George Nolfi (La vengeance dans la peau) a tenté de mixer comédie romantique, action et science fiction.

Le pitch est assez simple et efficace. Lorsque le député David Norris tombe sur Elise, c’est le coup de foudre immédiat. Il est persuadé qu’elle est la femme de sa vie. Il va même jusqu’à mettre en péril sa carrière politique pour elle. Mais un jour, plusieurs hommes mystérieux dotés de pouvoirs étranges viennent lui annoncer qu’il ne pourra plus jamais la voir, que ce n’est pas son destin. Déterminé, David est bien décidé à leur échapper et à la retrouver, au risque de perdre tout ce qu’il avait construit auparavant.

Pour son premier passage derrière la caméra, Nolfi développe son film dans la ville de New York, personnage à part entière, tente de rendre accessible une idée complexe et de l’étirer sur 1h45, ce qui n’est pas une mince affaire. Malheureusement, les ficelles du scénario sont parfois trop grosses et l’on a beaucoup de mal à gober certaines explications expédiées très vite. Pourquoi ces hommes à la poursuite de Damon portent-ils des chapeaux ? Pourquoi diable ont-ils peur de l’eau ? Les réponses à ces questions frôlent parfois le ridicule et à trop chercher la simplicité, Nolfi finit par tomber dans l’absurdité.

En approfondissant ces idées, le réalisateur aurait pu totalement nous convaincre et pas seulement nous divertir avec ce mélange des genres foutraque mais très sympathique. Les scènes de courses-poursuites sont dans l’ensemble bien mises en scène et l’histoire d’amour assez crédible. C’est d’ailleurs l’aspect romantique qui s’avère le plus intéressant, même si l’on n’aurait jamais misé dessus avant de découvrir le long métrage. Mais Nolfi dispose de deux gros atouts : Emily Blunt (Sunshine Cleaning) et Matt Damon (Greenzone). Il est clair que le personnage du second a des côtés très agaçants et démagos. Toutefois le couple est très attachant et l’on a envie de les voir s’extirper des griffes des chapeliers fous. Ces derniers passent les trois quarts du film à ouvrir des portes mais sont interprétés par des comédiens qui le font bien tels que Terence Stamp (L’anglais), Anthony Mackie (Démineurs) ou John Slattery (Mad Men).

L’agence est loin d’être le chef d’oeuvre qui titillera vos neurones pendant un moment. Non, vous ne vous poserez pas de questions et vous n’aurez pas besoin de le revoir illico pour piger les subtilités, comme c’est le cas avec Prometheus. Le long métrage de Nolfi est loin d’être le plus bel hommage que l’on pouvait faire à K. Dick. Néanmoins, ce blockbuster qui s’apparente plus à une comédie romantique qu’à un film de genre a tout de même le mérite de nous captiver et nous présente un duo complice, capable de faire des merveilles.

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