Critique : Le dernier rempart – I’m still here

Affiche du film Le Dernier Rempart avec Arnold Schwarzenegger. L'acteur est debout sur l'affiche dans le désert, prêt à affronter ses ennemis une arme à la main.

Depuis qu’il a terminé sa carrière politique, Arnold Schwarzenegger se démène pour retrouver l’image de la star d’action qu’il a su entretenir de Conan le barbare jusqu’à des œuvres peu mémorables comme Dommage Collatéral ou Terminator 3. Et l’on peut dire que l’ancien athlète s’y prend plutôt bien. Après une scène culte dans le premier Expendables et quelques vannes bien senties dans le deuxième opus, voilà qu’Arnold se met à jouer au shérif prêt à tout pour défendre sa ville. Mais ce n’est pas tout. Dans peu de temps, nous le retrouverons aux côtés de Stallone dans The Tomb, un film d’action carcéral avant de le voir enfiler l’équipement d’un chef d’esquade du SWAT dans Ten, le prochain David Ayer (Bad Times). Mais surtout, l’ancien gouverneur de Californie vient d’annoncer qu’il participerait à Terminator 5 et au prochain Conan. Et ça, ça se passe de commentaires.

Dans Le dernier rempart, Arnold doit empêcher un redoutable trafiquant de drogue mexicain de passer dans sa petite ville de l’Arizona pour aller rejoindre la frontière.

Les scénarios qui peuvent se résumer en moins de trois lignes sont parfois les meilleurs. On en a encore eu la preuve l’année dernière avec Prometheus, impossible à condenser au risque de vous enfumer le cerveau. Ici, nous sommes dans un cinéma qui va à l’essentiel. On n’a plus besoin de faire les présentations. On le connaît Arnold et son accent autrichien. Ca fait plaisir de le voir en short dans sa petite bourgade en train de déguster des omelettes dans l’unique dinner du coin pour enrichir son cholestérol. On se demande comment il va réussir à soulever son arme pendant les séquences d’action mais l’on reste confiant. Le seul problème du long métrage, c’est l’arthrose craquante du bonhomme que l’on entend dès qu’il fait un mouvement.

On s’attendait à une série Z mal troussée, on a eu droit à une honnête série B qui remplit largement son contrat. Aucune surprise au niveau de l’histoire et le reproche que l’on peut faire à Kim Jee Woon (Le bon, la brute, le cinglé) est d’avoir aligner paresseusement les séquences obligatoires sans chercher à se démarquer d’un film bourrin des 80’s. Vous aurez droit aux répliques ridicules du shérif, à la séquence « Je ne veux plus de sang, c’en est trop », au recrutement de sidekicks comiques mais sympathiques (Johnny Knoxville et Luis Gúzman), au méchant interprété par un comédien espagnol brillant (Eduardo Noriega) qui fait ici des monologues pathétiques sur le sens de la vie et à la romance entre deux personnages que le combat va rapprocher.

Photo d'Arnold Schwarzenegger dans le film Le Dernier Rempart. Nous voyons son buste et l'acteur affiche un air serein. Il est en tenue de shérif.

Bref, tout y est. Mais alors, pourquoi aller voir Le dernier rempart alors qu’on peut se refaire tranquillement chez soi un Commando ou un Cobra ? Tout d’abord pour le recul que Schwarzy a su prendre par rapport à son parcours filmographique. Le comédien a toujours eu un bon sens de l’autodérision (Last action hero) et il ne l’a pas perdu ici, jouant des clichés politiques qu’il véhicule et de son côté papy qu’il assume complètement. On pensait qu’il ne serait pas capable de tourner une séquence de combat rapproché. Et pourtant, même s’il n’effectue pas ses cascades, Schwarzenegger a tout de même fait un effort dans un passage mémorable qui ne manque pas d’humour.

Kim Jee Woon réussit quant à lui son incursion aux Etats Unis et signe des séquences d’action prenantes. Son spectateur savait ce qu’il était venu voir et le réalisateur coréen a su lui offrir un résultat à la hauteur de ses attentes. C’est débile, violent, drôle et la mise en scène est de bonne facture. Le coréen rend hommage à ces œuvres des années 80 mais à l’inverse d’un Tarantino ou d’un Rodriguez pour le projet Grindhouse, il conserve sa vision de la réalisation et l’on reconnaît la patte du réalisateur de J’ai rencontré le diable.

On ne terminera pas cet article avec le jeu de mot périmé « He’s back » mais l’on peut dire que Schwarzenegger a su revenir dans le septième art en conservant une certaine authenticité. Fidèle à lui-même, il saura ravir les fans de la première heure qui aujourd’hui doivent se contenter de blockbusters qui abusent d’effets pyrotechniques. Si vous avez envie d’un film d’action à l’ancienne qui ne pue pas le vieux, vous ne regretterez pas le prix du billet.

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Une réponse à Critique : Le dernier rempart – I’m still here

  1. PKCiné dit :

    « Tu donnes une mauvaise image des immigrants »

    haha quelle ironie de la part d’un ancien gouverneur plutôt conservateur !

    Bonne surprise que ce dernier rempart !

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