Critique : Le Hobbit – Un voyage tant attendu

Affiche du film Le Hobbit : Un Voyage Inattendu sur laquelle Martin Freeman pose au centre de l'affiche en tenant son épée. Au second plan, des paysages de la Comté sont visibles.

Il est arrivé. Enfin. Le Hobbit s’est échappé de La Terre du Milieu pour venir faire un petit (ou plutôt un très grand) tour dans nos salles de cinéma. Et c’est le ravissement du mois. L’un de l’année. Oubliez Noël et toutes les fêtes, prenez votre billet et foncez. Vous allez prendre un gros bol d’air frais. Peter Jackson is back.

Le Hobbit nous conte l’extraordinaire aventure de Bilbon, l’oncle de Frodon Sacquet. Prenant place 60 ans avant la trilogie du Seigneur des anneaux, nous y retrouvons ce personnage hors du commun que le magicien Gandalf vient chercher pour lui demander de l’accompagner dans une quête. Bilbon devra aider une horde de nains à reconquérir leur montagne détenue par le dragon Smaug.

Quand on a appris que Peter Jackson voulait faire trois films sur un bouquin qui ne faisait qu’un dixième de l’ensemble du Seigneur des anneaux, nous avons eu très peur. Aujourd’hui, nous sommes enthousiasmés à l’idée que deux longs métrages succèderont à ce Voyage inattendu. Retrouver l’univers de Tolkien si brillamment mis en image par Jackson, c’est un cadeau qu’on n’attendait plus. La nostalgie refait surface dès les premières minutes, les douces notes d’Howard Shore nous prennent à la gorge et nous avons l’impression de retrouver une vieille famille que nous avions quitté il n’y a pas si longtemps mais qui nous avait beaucoup manquée.

Photo d'Andy Serkis dans le rôle de Gollum dans le film Le Hobbit : Un voyage inattendu. L'acteur est face à Bilbon qu'on ne voit pas et le regarde avec un air noir, accroupi dans sa grotte.

Très vite, les souvenirs s’effacent et laissent place au plaisir. Au plaisir de suivre une intrigue plus légère menée de main de maître, sans temps mort même si les scènes de discussions sont nombreuses. De sa réalisation flamboyante, Jackson n’a rien perdu. La séquence d’ouverture, les passages dans les montagnes et dans les grottes pourront vous le confirmer. Nous nous sommes contentés de la 2D mais cela a suffit à nous émerveiller. Nul doute que nous retournerons l’apprécier pour découvrir le travail du réalisateur sur la HFR 3D.

Oui Le Hobbit est plus enfantin et bourré d’humour. Mais le livre de Tolkien l’est aussi. Non, nous ne tombons jamais dans les lourdeurs et Jackson n’est aucunement atteint du syndrome George Lucas. Il nous offre les plus beaux moments de bravoure de l’année, nous file une dose de vitalité et d’espoir grâce à sa réappropriation de l’un des meilleurs univers imaginaires jamais créés. Vous pensez que Le Hobbit n’aura pas l’âme du Seigneur des anneaux ? Détrompez-vous. La solidarité des nains, le courage du petit héros et la sagesse de Gandalf continuent de nous faire rêver comme autrefois. On ne va pas critiquer les plans aériens répétitifs, ils nous laissent à chaque fois pantois. On pensait que la musique nous décevrait mais Howard Shore n’effectue pas de recyclage. Il reprend certaines bases, ce qui est tout à fait normal, crée un thème pour les nains absolument sublime et sa partition regorge de morceaux épiques qui hérisseront vos poils plus d’une fois.

Photo de Richard Armitage dans le film Le Hobbit : Un Voyage Inattendu de Peter Jackson. Dans une forêt, Thorin tient un arc et s'apprête à tirer une flèche.

Du côté des personnages, c’est un quasi sans faute. Bilbon est tel qu’on l’imaginait, fougueux mais prudent, parfois peureux mais toujours valeureux. Avec le recul, Martin Freeman (Sherlock) est le choix parfait. Du côté des nains, Richard Armitage (Strike Back) est notre coup de cœur. En jouant Thorin, il livre une performance de leader ultra charismatique impressionnante. Quant au reste du groupe, on retrouve quelques comédiens familiers (James Nesbitt, Aidan Turner) et même si certains ne sont pas assez développés, Jackson ne les réduit jamais au rang de bouffons malgré l’omniprésence de l’humour. Enfin, pour les habitués comme Ian McKellen, Cate Blanchett ou Andy Serkis, on imagine leur joie de rejoindre les troupes et pour le spectateur, c’est toujours un régal de retrouver ces visages familiers qui sont désormais des repères dans cette nouvelle saga qui n’a pas fini de nous en mettre plein la vue.

Le Hobbit, c’est le plus beau présent que Peter Jackson pouvait faire à ses spectateurs. Parfait, son long métrage ne l’est pas. Avec le temps, on lui trouvera sans doute des défauts et des bizarreries qui nous agaceront mais pour le moment, le seul sentiment que l’on a, c’est cette folle envie de découvrir la suite.

Ce contenu a été publié dans Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *