Critique : Le Pacte – C’est ni celui des loups, ni celui d’SFR

Affiche de Le Pacte de Roger Donaldson sur laquelle un homme braque avec une arme la nuque de Nicolas Cage.

C’est bien connu, cela fait maintenant plusieurs années que Nicolas Cage accumule les nanars. On a même l’impression qu’il les adore, qu’il cherche à concurrencer les Direct To Video de Wesley Snipes ou Steven Seagal tournés en Bosnie ou au Kazakhstan pour 128 $ de budget. A l’inverse de Bruce Willis qui vient de franchir le pas avec le nullissime Braqueurs ou Catch .44, Nick n’a pas encore trouvé le projet à la hauteur de ses espoirs, un film qui ne serait pas distribué dans les salles. Malheureusement pour lui, mais aussi pour nous, les producteurs pensent que Nicolas est encore rentable.

Pourquoi continuer à s’acharner sur le comédien ?

Premièrement, parce qu’en 2009 et 2010, on a cru à un retour de l’acteur puisqu’il a participé à deux projets intéressants, le Kick Ass de Matthew Vaughn mais surtout l’excellente relecture de Bad Lieutenant par Werner Herzog. Hélas, le comeback fut bref, et Cage enchaina derrière L’apprenti sorcier et l’infâme Dernier des templiers. La deuxième raison qui fait que l’on adore se moquer du « comédien » est que sa palette de jeu rétrécit avec le temps. Il continue malgré tout à se prendre pour un sex-symbol. Nicolas, s’épiler le torse et mettre des perruques ne suffisent plus.

Photo de Nicolas Cage effrayant sur un plateau de télévision.

Dans Le Pacte, il incarne un professeur de littérature amoureux des écrits de Shakespeare, pacifiste et revendiquant l’écriture comme défouloir. Mais le jour où sa femme se fait violer et battre, il perd son calme. Un mystérieux individu lui propose alors de s’occuper du cas du criminel en échange de quelques services comme des filatures. Cage accepte, mais ne se doute pas qu’il vient de rejoindre une confrérie meurtrière qui cherche à faire justice elle-même. On aurait pu croire à un vigilante movie sympathique et politiquement incorrect dans lequel un homme perd le contrôle et franchit la limite. Mais non. Nico est un gentil jusqu’au bout.

Au lieu de ça, nous avons droit à certaines des répliques les plus ridicules de ce début d’année et à un scénario déjà-vu cent fois, prévisible dès la cinquième minute. Tout cela est ponctué par la mise en scène fatiguée du papy Roger Donaldson, réalisateur très moyen qui nous a rarement surpris, mis à part avec The Bank Job (2008), et qui n’a ici aucune idée créative. A la limite, on pouvait rire devant le pitoyable Hell Driver, sorti l’année dernière et dans lequel Cage incarnait une sorte de Ghost Rider de la voiture qui tirait sur les badguys la braguette ouverte avec un second degré totalement assumé. Mais ici, niet. On se prend au sérieux pendant deux heures et on joue avec des têtes tristes et surprises. Du grand art. On a l’impression que les autres interprètes s’ennuient, et leurs personnages sont tellement mal développés qu’ils paraissent invisibles. Pourtant, January Jones (Mad Men) et Guy Pearce (L.A. Confidential) sont loin d’être mauvais.

Juste avant sa collaboration avec Neveldine et Taylor, le duo barré d’Hyper tension, sur Ghost Rider 2, Nicolas Cage se regarde jouer dans des polars bien nazes. Si l’on n’arrête pas de regarder des chefs d’œuvre de la sorte jusqu’au 21 décembre, on finira peut être par le regretter. Sur ce, je vais de ce pas me faire toute la filmographie d’Ingmar Bergman afin d’être en forme d’un point de vue cinéphilique pour la fin du monde.

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