Critique : L’homme tranquille – Une sublime définition cinématographique du bonheur

Affiche dessinée de L'homme tranquille de John Ford sur laquelle John Wayne tente de retenir Maureen O'Hara. Nous voyons également les personnages secondaires ainsi que le village.

Le long métrage dont nous allons parler est un véritable chef d’œuvre, l’un des plus beaux films que le cinéma américain a pu nous offrir. Ne pas le distribuer en France, en DVD ou en Blu Ray, à moins de payer environ 300 euros sur certains sites de e-commerce, est une véritable injustice qui se doit d’être corrigée. Evidemment, on a pu le revoir dans certaines cinémathèques ou certaines rétrospectives, comme celle organisée en l’honneur de John Ford à l’Institut Lumière de Lyon il y a maintenant quelques années de ça mais tout cela n’est pas suffisant.

Photo de John Wayne et Maureen O'Hara dans le paysage irlandais dans le film L'homme tranquille de John Ford.

Avec L’homme tranquille, film très personnel de ce réalisateur américain majeur qu’est John Ford, qui a ancré son nom à jamais dans le paysage du western (La poursuite infernale, La prisonnière du désert) et dans celui des œuvres sociales de l’époque (Les raisins de la colère, Qu’elle était verte ma vallée), nous retournons dans le pays d’origine des parents de Ford, l’Irlande, que le cinéaste chérissait tant. En plaçant son récit dans la ville fictive d’Innisfree, il signe son film de potes à lui, ses Petits Mouchoirs. Evidemment, tout cela est plus léger, plus bourru mais toujours charismatique et loin d’amorcer un dénouement dramatique qui nous fera sortir les Kleenex. Non, Ford choisit la bonne humeur, les beaux paysages et la gaieté pour mettre en scène cette jolie aventure et nous présenter un John Wayne au sommet de sa carrière qui retourne dans son village natal afin de trouver le calme suite à une mésaventure survenue aux Etats Unis.

Le décalage entre le yankee et les habitants du petit village est savoureux, et tout le monde se demande ce qui peut bien attirer le mystérieux Sean Thorton à revenir dans la vieille ferme de son paternel. La paix. Car c’est cela dont il est question dans L’homme tranquille et Ford nous montre un homme qui décide de vivre en paix avec lui-même et l’environnement qui l’entoure afin de trouver une harmonie qu’il avait depuis longtemps perdue. On peut ainsi mettre en parallèle le parcours de Sean et celui de Ford, être tourmenté qui n’était heureux que lorsqu’il tournait avec son entourage et ses endroits qu’il admirait, tel le John Ford Point de Monument Valley. A la manière dont Sean respire l’Irlande, Ford respirait les plateaux de cinéma.

Photo de l'équipe de tournage de L'homme tranquille menée par John Ford et John Wayne posant face à l'objectif.

Retrouvant ses acteurs favoris dont les irrésistibles Victor McLaglen (Le mouchard) et Ward Bond (Le convoi des braves), Ford s’amuse, se fait plaisir et ravit son spectateur à coups d’envolées lyriques et de scènes remplies de bravoure, de tendresse et d’humour. Il a l’idée majestueuse d’associer John Wayne à la sublime Maureen O’Hara (Rio Grande), compère des deux amis, et leurs retrouvailles donnent ici naissance à l’un des plus beaux couples du cinéma. On n’oubliera pas ce bon vieux Michaleen interprété par l’excellent Barry Fitzgerald (Qu’elle était verte ma vallée), qui boit sans doute la Guinness mieux que quiconque. En tournant dans le village de Cong, qui n’a pas changé depuis 1952, Ford sert son récit de paysages magnifiques qui donnent lieu à de belles chevauchées et dont les étendues renforcent cette notion de tranquillité. Il agrémente à cela la partition superbe de Victor Young et le tour est joué. Le seul défaut que l’on trouve à L’homme tranquille, c’est son Cinémascope dégoulinant qui mérite un léger rafraichissement.

Je ne peux que vous conseiller ce classique certes vieillissant. Mais les films de John Ford sont comme le bon whisky. C’est avec l’âge qu’ils gagnent leur saveur et qu’ils laissent ainsi une sensation à la fois douce et corsée.

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Une réponse à Critique : L’homme tranquille – Une sublime définition cinématographique du bonheur

  1. Sean Mc Cabe dit :

    What a so good article for a very good movie my friend !

    You’re maybe right, a little bit old fachionned but we can learn a lot of things about friendship, sense of humor, family, death, life….
    Maureen is a so gorgeous woman and there is so many handsome men, so many beautiful landscapes in my beloved country !

    A movie of a life. I miss my country.

    Thanks for that paper.

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