Critique : L’or se barre – Bad Ass British

Affiche du film The Italian Job sur laquelle nous voyons un homme assis sur un fauteuil tenant une mitraillette et une tasse de thé. Une femme est assise sur le sol à sa gauche. Un plan est dessiné sur la peau de son dos.

Dans la vie, il y a certains plaisirs qui sont inégalables. Les films des années 60 et 70 en font partie. Chez Brozkinos, on a tendance à se souvenir des longs métrages de l’époque en les répertoriant en fonction de leur réalisateur. On se souvient des œuvres de Polanski, Cimino ; du Nouvel Hollywood de Scorsese, Spielberg, Coppola et Lucas ; de Peckinpah, Lumet ou encore Pollack. Evidemment, ces films étaient portés par de brillants acteurs, tels que De Niro, Pacino, Nicholson ou Hoffman mais la plupart sont dans nos mémoires pour le nom de leur metteur en scène.

Avec Michael Caine, on rentre à peu près dans la même logique. Le comédien a en effet tourner avec des génies comme Woody Allen pour Hannah et ses sœurs, Mankiewicz pour Le limier ou Huston pour L’homme qui voulut être roi. Mais il est de ceux qui parviennent à sublimer et à attirer l’attention sur des œuvres que l’on n’aurait peut être pas pris le temps de visionner. 4 films, tournés entre 65 et 71 nous viennent à l’esprit pour illustrer cette pensée. Il s’agit d’Icpress-Danger Immédiat, Alfie, La loi du milieu et L’or se barre. Nous avons une préférence pour les deux derniers dans lesquels Caine incarne le gangster britannique mieux que personne. Dans le premier, il est très sérieux, trouve un registre dramatique dans lequel il nous émerveille et qu’il a repris dans le récent Harry Brown. Mais dans le second, lorsqu’il décide d’aller faire un coup en Italie pour voler 4 millions de dollars en lingots d’or, il est tout simplement irrésistible.

Le long métrage dirigé par Peter Collinson, réalisateur mineur, respecte le schéma de ces films de hold up à la mode à cette époque, comme le premier Ocean’s Eleven (1960) avec Sinatra. On a tout d’abord la présentation du coup à faire et les gains qu’il rapportera. Ensuite, on assiste au rassemblement d’une équipe menée par un leader très charismatique. Puis, on finit en beauté sur le braquage et tous ses aléas. Cette vision a été remise à jour ces dernières années avec des œuvres sympathiques telles que la trilogie Ocean, Braquage à l’anglaise ou Fast five.

Photo de Michael Caine pris de face et mettant un coup de poing dans l'objectif.

Dans le rôle du meneur, Caine est génial. Elégant, il fait preuve d’une nonchalance à toute épreuve et ne perd jamais son sang froid. Collinson préfère se concentrer sur son personnage qui mènera la danse durant l’ensemble de l’opération. Les autres membres de l’équipe sont assez peu développés et présents pour renforcer l’aspect comique, à l’image d’un Benny Hill qui fera son show le temps de quelques scènes. Le seul autre protagoniste qui a réellement de l’importance est celui de Noël Coward, directeur de prison également gangster qui finance le coup. Sa présence n’est pas indispensable mais apporte un sentiment d’ironie sur le monde de la pègre anglaise assez bien vu. Collinson applique une mise en scène classique, qui fonctionne totalement, et l’on retiendra une scène légendaire de poursuite dans les rues de Turin où les Mini vrombissent à toute allure dans les allées et les tunnels de la cité italienne. La fin, à l’image du reste de l’œuvre, est légère mais également surprenante, et L’or se barre s’impose ainsi comme l’une des ces œuvres old school sans prétention qui remplissent aisément leur mission : divertir le spectateur sans le prendre pour un idiot.

En 2003, F. Gary Gray (Négociateur) réalisait le remake du film, Braquage à l’italienne, qui respectait l’esprit de son modèle et utilisait habilement les nouvelles technologies pour s’en démarquer. Caine, sûrement l’un des meilleurs acteurs encore vivants, a donc participé à des petits objets cultes qui ne révolutionnent pas le genre mais qui filent la banane et que l’on prend plaisir à redécouvrir en attendant son interprétation que l’on imagine déjà bouleversante dans The Dark Knight Rises dernier volet de la trilogie Batman de Nolan dans laquelle il tient le rôle du fidèle majordome Alfred.

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