Critique : Machete Kills – Le recyclage peut être mauvais pour l’environnement

Affiche de Machete Kills de Robert Rodriguez sur lequel nous voyons tous les personnages principaux sur un montage photo.

Si l’on devait résumer l’inutilité en un film, ce serait sûrement Machete Kills, produit moisi qui démontre tout le manque d’inspiration de certains réalisateurs prometteurs des années 90. Roberto Rodriguez, grand amateur de tacos devant l’Eternel, avait surpris avec sa trilogie Desperado qui a par ailleurs assez mal vieilli. Avec The Faculty, il avait signé un divertissement fun apprécié par toute une génération qui découvrait Elijah Wood et Josh Hartnett.

Le fun, c’est le problème de Robert. Sous prétexte qu’il s’amuse et essaye d’amuser les autres, le réalisateur-monteur-compositeur-producteur-scénariste se permet tout et n’importe quoi. Et surtout n’importe quoi. La notion de fun a pris le dessus sur celle de la mise en scène et depuis Spy Kids, Rodriguez s’est appliqué à mettre en boîte des œuvres plus pathétiques les unes que les autres. Si Une nuit en enfer et Sin City avaient leur lot de qualités, c’était en grande partie grâce à Quentin Tarantino et Frank Miller.

Rodriguez n’a jamais eu une grande créativité et tente de combler ce manque par des choix qui se veulent être des hommages aux séries Z et films d’exploitation de la grande époque. Machete Kills en est l’exemple parfait.

Dénué de scénario, cette suite s’appuie sur un héros qui a perdu de sa superbe depuis le premier épisode et qui n’a plus rien à donner. Danny Trejo, perdu dans ce capharnaüm, ne comprend pas trop ce qu’il se passe et le papy est tellement fatigué qu’il est obligé d’être filmé au ralenti dès qu’il se met à courir. Si le premier épisode avait son lot de punchlines et la présence du maître Steven Seagal, ce second opus n’a rien à offrir de nouveau en termes d’humour. On a le droit aux mêmes blagues grasses et périmées. Rodriguez remplace le M-16 de Rose McGowan dans Planète Terreur par les tétons flingueurs de Sofia Vergara, qui sombre dans le cabotinage extrême.

Photo de Sofia Vergara dans le film Machete Kills de Robert Rodriguez. L'actrice hurle face à l'objectif. A sa droite, nous voyons un portrait de description d'une bouche ouverte doté d'une légende.

S’il est incapable d’apporter une quelconque nouveauté, Rodriguez n’arrive pas non plus à se recycler. Encore une fois, Machete est laissé pour mort. Encore une fois, il doit faire face à des bureaucrates corrompus et des méchants mégalomanes. Cependant, ces protagonistes qui auraient pu être intéressants prennent place dans un script totalement vide. Ainsi, Charlie Sheen qui s’autoparodie ne fait qu’une ou deux apparitions balourdes. On fait plus confiance à Stallone pour redonner une chance à Mel Gibson dans Expendables 3 car il n’a ici qu’une dizaine de minutes pour faire son show. Et c’est également le cas pour la plupart des autres acteurs. Michelle Rodriguez pointe le bout de son nez dans le dernier tiers. Lady Gaga, Antonio Banderas et Cuba Gooding Jr. interprètent un tueur aux multiples facettes qui est ridiculisé à cause de son traitement anodin. Le seul que l’on voit beaucoup, c’est Danny Trejo. C’est dommage car c’est le seul qui ne sait pas jouer la comédie. On oubliera les références à Star Wars et James Bond qui ne sont que des injures à leurs modèles.

Robert Rodriguez s’est complètement enfermé dans son personnage. Au lieu de ressusciter des acteurs à la manière de Tarantino, il les enfonce encore plus. Au lieu de laisser parler sa folie, il reste dans ses exagérations beaufs et continue de réaliser ses longs métrages avec ses pieds, qui, à cause de l’enfermement dans ses grosses Santiags, ont quelque peu foiré leur mission dans la salle de montage. Machete Kills est, au même titre que Die Hard 5, l’un des plus gros nanars de l’année qui passe à côté de son objectif principal, le fun.

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Une réponse à Critique : Machete Kills – Le recyclage peut être mauvais pour l’environnement

  1. Oui. Bon. dit :

    Faut pas exagérer non plus, on peut pas dire qu’on fait une critique de cinéma si on ne fait que démonter le réalisateur point par point. Il faut entre autres, des arguments, or, je n’en vois pas. Je dis pas ça parce que j’ai aimé le film, je dis ça parce que non seulement la « patte » du « critique » montre vite ses limites, mais aussi parce que le Kévin devrait retourner changer les pare chocs de sa 206 tunning. Cordialement.

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