Critique : Mariage à Mendoza – Carnets de voyage

Affiche du film Mariage à Mendoza sur laquelle Nous voyons Philippe Rebbot et Nicolas Duvauchelle en haut de l'affiche et la carte de l'Amérique du Sud en bas.

Il va falloir arrêter les titres ou les accroches qui reprennent Very Bad Trip uniquement pour attirer des spectateurs en salles ou pour vendre des Direct To Video foireux. Le pire, c’est que tous ces longs métrages n’ont généralement aucun point commun, si ce n’est que ce sont pour la plupart des comédies. Very Bad Cops, Very Bad Strip, American Trip, Very Cold Trip… Aujourd’hui, nous avons droit au slogan ringard A very good trip qui surplombe l’affiche de Mariage à Mendoza, l’œuvre qui comporte probablement le moins de ressemblances avec la saga de Todd Philips. Evidemment, on voit deux types se marrer en voiture alors on se dit que pendant une heure et demie, ils se biturent à la bière argentine en emballant des pépettes à foison.

Mariage à Mendoza est l’histoire de deux frères qui se rendent à la cérémonie de leur cousin qui vit en Argentine. L’un a des problèmes émotionnels, l’autre vient de se faire plaquer par sa femme. Et malgré tout, ils décident de faire une traversée riche en aventures et moments de bonheur.

Vous en avez marre du froid, vous manquez de lumière et d’énergie ? Alors Mariage à Mendoza est fait pour vous. Ce long métrage sans prétention dégage une bonne humeur communicative et fait du bien. A la fois road et feel good movie, il vous transportera dans une Amérique latine accueillante et chaleureuse. A l’inverse du décevant Nous York, nous avons envie de participer à ce voyage outre-Atlantique car tous les protagonistes présentés sont intéressants et attachants. L’œuvre traite de sujets vus et revus comme les liens fraternels et leur difficulté ou l’amitié mais elle le fait avec une simplicité réconfortante.

Mariage à Mendoza photo

Ici, on se fait des coups de crasse mais on ne disserte pas dessus. On se laisse porter et l’on prend la vie comme elle vient. Certes, c’est une philosophie un peu facile mais le côté libre des personnages évite l’aspect agaçant des prises de tête que l’on retrouvait dans Les petits mouchoirs, qui faisait également son originalité. C’est un régal de voir Philippe Rebbot (Tous les soleils), notre découverte du mois, s’exprimer en franglaispagnol à un hôte légèrement encombrant mais adorable. Quant à Nicolas Duvauchelle (Polisse, Braquo), Mariage à Mendoza confirme tout le bien que l’on pense de lui et le voir dans un film plus léger est un véritable plaisir car le comédien est à l’aise dans tous les registres. Enfin, on se doit de dire un mot sur la charmante Paloma Contreras qui s’intègre parfaitement à cette équipe farfelue et qui sera au centre d’un triangle amoureux façon Butch Cassidy et le Kid en plus gentillet et sans balade à bicyclette. Pour le reste, vous aurez droit à des péripéties atypiques, à des rencontres inoubliables au milieu de paysages majestueux. On se demande si Edouard Deluc n’a pas été financé par l’office du tourisme car la seule chose que l’on a envie de faire en sortant de la salle, c’est d’y aller.

Mariage à Mendoza est le genre de films dont la comédie française a besoin. Délivrant un joli message, ce long métrage bénéficie d’un scénario concret qui ne privilégie pas les trois blagues qui alimenteront la bande annonce mais le parcours de ses antihéros. Et puis, si vous n’avez pas le temps pour des vacances, n’hésitez pas à embarquer avec eux, vous serez dépaysés.

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