Critique : Men In Black 3 – Retour vers le passé, dans tous les sens du terme.

Affiche du film Men In Black 3 de Barry Sonnenfeld sur laquelle Will Smith est au premier plan et Josh Brolin et Tommy Lee Jones sont côte à côte au second plan.

En ce moment, entre adaptations d’anciens jouets, prequels, suites, reboots ou remakes, on peut dire qu’Hollywood connaît un gros manque d’inspiration et de motivation. En finançant des productions racoleuses qui n’ont que pour objectif l’accumulation de brouzoufs qui alimenteront les bouses des mois suivants, les grands studios ont décidément bien compris la recette du succès. Certains artistes y ont même perdu leur intégrité, à l’image d’un Tim Burton en perdition dans son décevant Dark Shadows. En revanche, certains passionnés comme le geek Joss Whedon parviennent à faire tourner la machine en mettant en boîte des blockbusters intelligents et bien construits, tels que La cabane dans les bois ou Avengers. La semaine dernière, c’était la saga ultra populaire de la fin des 90’s Men In Black qui faisait son retour sur nos écrans. Pour le meilleur ou pour le pire ?

On se souvient de la scène d’ouverture du premier opus, de son moustique, sa typographie et de la musique culte de Danny Elfman. Ici, on retrouve d’emblée les deux derniers éléments. En découvrant Nicole Scherzinger marcher avec une tarte à la main, on ressent immédiatement le second degré qui a fait les beaux jours des précédents films. Puis, on aperçoit le méchant, Boris l’animal, que la meneuse des Pussycat Dolls est venue libérer. On assiste alors à son évasion, agrémentée d’effets spéciaux indignes d’une telle production qui nous ramènent au début des années 2000.

Cet univers visuel assez cheap sera malheureusement présent tout le film et l’on se demande si ce ratage est la faute du réalisateur Barry Sonnenfeld ou si cela est dû au tournage chaotique et aux frasques de Will Smith (Je suis une légende). L’acteur est quasiment de tous les plans, mise à part lors de cette introduction, même s’il n’éclipse pas ses deux excellents partenaires, Tommy Lee Jones (No country for old men) et Josh Brolin (Harvey Milk). Le mimétisme de ce dernier ne peut qu’être salué. Le duo d’origine est toujours aussi convaincant et même si Jones n’est présent que pour quelques séquences, il est évident que leur alchimie n’a pas vieilli contrairement à tout ce qui fonctionnait auparavant. En effet, les gags sont les mêmes que dans les deux premiers films, on a parfois l’impression que les comédiens n’y croient plus. Tout ce qui impressionnait dans Men In Black n’est devenu ici qu’un élément mineur et assez mal développé, à l’image du siège des agents qui n’en jette plus vraiment.

Photo de Tommy Lee Jones et Will Smith côte à côte combattant des aliens dans un restaurant chinois dans le film Men in Black 3.

Il faut reconnaître que dans l’ensemble, l’œuvre n’est pas désagréable, les clins d’oeil sont parfois drôles et la nostalgie du réalisateur est émouvante, notamment lors de la fin sympathique. Malheureusement, cela ne suffit pas à combler un scénario vide, pourtant porté par un concept intéressant, celui de renvoyer l’agent J en 1969 pour sauver son partenaire du meurtre de Boris. Mais les possibilités qu’offrait le décalage temporel sont mal exploitées. D’un côté la reconstitution de l’époque est propre mais n’en met jamais plein la vue et les seules références culturelles qui sont utilisées sont celles liées au racisme. On retiendra cependant la présence d’un Bill Hader (Supergrave) hilarant dans le rôle d’Andy Warhol. Le reste du temps, ce ne sont que des poursuites qui s’enchaînent dans les rues des New York. Les plans aériens, utilisés 678 fois pour le long métrage, et le méchant, qui n’a pas une once du charisme de Vincent D’Onofrio (le cafard dans le numéro 1), finissent par nous gaver à tel point qu’on attend gentiment la fin, sans vraiment s’ennuyer mais jamais dans l’attente d’une surprise.

Men In Black 3 est donc un film pop-corn qui n’a pas vraiment d’utilité, mais qui réserve tout de même des séquences agréables, à l’image de celles avec Griffin, personnage attachant interprété par le génial Michael Stuhlbarg (A serious man). Encore une fois, cette suite est décevante et le show de Smith nous fait penser que l’acteur a préféré privilégier ses blagues réchauffées plutôt qu’une histoire intéressante. Mégalomanie, quand tu nous tiens.

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Une réponse à Critique : Men In Black 3 – Retour vers le passé, dans tous les sens du terme.

  1. J’ai trouvé ce film assez fin pour ma part, amusant et plaisant.

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