Critique : Moi, Député – Jeux de pouvoir

Affiche du film Moi, député sur laquelle les deux candidats politiques incarnés par Will Ferrell et Zach Galifianakis font un tête contre tête en costard.

C’est probablement la meilleure nouvelle ciné de la semaine. L’excellent tandem Adam McKay/Will Ferrell est de retour pour notre plus grand plaisir. Cette fois-ci, McKay n’est pas à la réalisation mais à la production, à laquelle se trouve également le grand Ferrell qui hérite du rôle principal. Si vous ne connaissez pas bien ce duo monstrueux, il faut immédiatement vous procurer les classiques que sont Présentateur vedette, Ricky Bobby – roi du circuit et Frangins malgré eux afin de découvrir leur univers barré et politiquement incorrect.

A l’approche des élections, le député démocrate Cam Brady est confiant. En effet, il n’a aucun concurrent et est certain d’être réélu. Mais une chose à laquelle il ne s’attendait absolument pas arrive. Le directeur de l’office du tourisme, Marty Huggins, se présente, soutenu par deux magnats aux intentions louches. Désormais, la campagne est lancée et les deux rivaux vont mener un combat sans pitié où tous les coups sont permis.

Dès les premières minutes, le ton est donné. On reconnaît immédiatement la patte de Ferrell, une nouvelle fois monumental dans le rôle d’un gros beauf prêt à tout pour obtenir le pouvoir. On sait déjà que pendant une heure et demie personne ne sera épargné et tout le système politique se fera démolir. Jay Roach (Austin Powers) s’amuse comme un fou à mettre en scène les coups bas que se font les deux candidats. On commençait à être gavé par le Zach Galifianakis des Very Bad Trip et Date Limite. Ici, il est exceptionnel, nous offre une prestation plus sobre et son protagoniste nous crispe autant que celui du grand Will car il représente à merveille toute la bien-pensance et le conformisme écœurants des américains.

Affiche promotionnelle du film Moi, député construite comme une affiche de candidature politique. Zach Galifianakis y tient ses deux chiens fièrement.

Le souci de l’oeuvre est son rythme. On s’étonne de trouver certaines longueurs malgré la courte durée du long métrage. Evidemment, on rigole mais jamais aux éclats comme dans les précédents films de Ferrell. Après le génial Very Bad Cops, on sent que l’équipe est allée au bout de son délire mais a voulu construire un film plus structuré et moins lourd. Pour ceux qui n’aiment pas les blagues en dessous de la ceinture, passez votre chemin car la moitié des vannes sont de ce calibre. Ici, la déontologie n’est pas le mot d’ordre et leur affrontement prend une tournure assez hardcore et jouissive, qui en rebutera forcément certains. En revanche, même si la bonne morale finale n’est pas évitée, elle est introduite avec le même humour gras que le reste de l’œuvre et en devient ainsi acceptable. Du côté des seconds rôles, on prend plaisir à retrouver des guests de la vieille école comme John Lithgow (Blow Out) ou Dan Aykroyd (S.O.S. Fantômes) ou d’autres de la nouvelle génération comique à l’image de Jason Sudeikis (Comment tuer son boss ?).

Moi, député est une autre bonne surprise de la semaine et même si nous en attendions plus, il faut avouer qu’il ne nous en faut pas beaucoup pour que Ferrell nous torde de rire. On attend avec impatience son prochain long métrage, Casa de mi padre, dans lequel il interprète un mexicain. On ne sait pas ce qu’il se passe dans la tête de ce type, mais en tout cas, quelque chose ne tourne pas rond.

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