Critique : Moonrise Kingdom – Stand By Me

Affiche du film Moonrise Kingdom de Wes Anderson sur laquelle nous voyons les personnages principaux poser devant un faux paysage.

Aujourd’hui, après True Romance, on continue de vous parler de romantisme atypique avec Moonrise Kingdom, long métrage du génial Wes Anderson que nous avions loupé au cinéma. Et nous avons bien fait de le rattraper car il s’agit là d’une petite pépite, coup de cœur de 2012 qui nous a réchauffés pour tout l’hiver et qui on l’espère vous fera le même effet.

La chaleur émane tout d’abord des couleurs joyeuses. Comme souvent, les images d’Anderson sont flamboyantes, vives et font que l’on reconnaitrait le cinéaste entre 1000. Ses travellings latéraux, ses plans larges symétriques… Sa patte est intacte et l’on pourrait croire que son style s’épuise mais ici encore, il nous emmène dans un univers kitsch et original comme lui seul sait les créer. Comme à chaque fois, on se demande dans les premières minutes où il veut en venir et quelles surprises vont nous réserver ses personnages.

Nous sommes conviés à suivre l’histoire de Sam et Suzy, deux enfants amoureux en vacances sur une petite île qui décident de se retrouver pour partir à l’aventure. Lui est orphelin et scout, elle est perdue dans une famille dans laquelle elle ne se reconnaît plus. Evidemment, tout le petit monde qui les entoure se mettra à leur recherche et cela donnera lieu à des péripéties incroyables et burlesques.

Il y a un casting impressionnant dans Moonrise Kingdom (Edward Norton, Jason Schwartzman, Tilda Swinton…) et pourtant, on n’a d’yeux que pour Jared Gilman et Kara Hayward. Ils engloutissent l’écran. Difficile quand on a une dizaine d’années de faire face à des pointures telles que Bruce Willis (le gamin de Code Mercury ne s’en est jamais remis) ou Bill Murray, LE clown triste du cinéma américain. Dire que ces deux mioches jouent mieux que beaucoup de comédiens adultes est un euphémisme. Prends en de la graine Christian Clavier. On fond devant leurs gestes de tendresse, l’innocence qu’ils dégagent et devant leur sincérité l’un envers l’autre. Moonrise Kingdom est le genre de films fabuleux mais légèrement plombants qui te font comprendre que l’enfance est terminée et qu’après la séance, tu vas pouvoir retourner remplir tranquillement ta déclaration d’impôts.

Photo des deux enfants de Moonrise Kingdom dans l'herbe en train de regarder une carte. Ils portent de nombreuses affaires et semblent être en expédition.

Le principal est que Wes Anderson ait réussi à nous émerveiller pendant un court moment. Son cinéma touche à l’imaginaire et au rêve et l’on adore sa façon d’immiscer des éléments totalement improbables et fantaisistes au milieu de thèmes parfois très sombres comme la maladie, la mort ou les relations tumultueuses qui peuvent apparaître au sein d’une famille. On rit donc souvent aux éclats devant toutes ces péripéties irrationnelles comme la foudre qui s’abat sur Harvey Keitel ou les bagarres entre les différents groupes de scouts.

Difficile de choisir quel est notre Wes Anderson préféré mais Moonrise Kingdom se situe en haut du tableau, c’est certain. Regorgeant de bons sentiments dévoilés avec subtilité, l’œuvre vaut surtout pour son esthétique et sa galerie de protagonistes solitaires et profondément attachants. Et bien sur, pour ses deux amoureux que l’on regarde évoluer avec un air niais et ébahi.

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Une réponse à Critique : Moonrise Kingdom – Stand By Me

  1. J’avoue avoir un p’tit faible pour The Darjeeling Limited même si j’adore le reste de sa filmo. Il faudra aussi que je me penche un jour sur son premier long métrage Rushmore qui manque à ma dvdthèque.
    En tous cas, le plongeon en enfance est toujours réussi quite à prendre la claque du générique comme vous le soulignez si bien avec la déclaration d’impots.
    Ca me rappelle qu’il faut que je règle la mienne té!

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