Critique : Nous York – Calme blanc

Affiche du film Nous York sur laquelle l'équipe du film rit et marche ensemble dans les rues de la Grosse Pomme.

Les américains aiment venir tourner des films à Paris. Certains d’entre eux sont devenus cultes, à l’image de Charade ou Hugo Cabret. On n’a cependant pas beaucoup de souvenirs d’œuvres françaises se déroulant dans la Grosse Pomme. Ma vie n’est pas une comédie romantique et Ce soir, je dors chez toi s’y terminaient mais même s’ils n’avaient rien de désagréables, ces deux longs métrages n’ont pas vraiment marqué le cinéma hexagonal.  En début d’année, Julie Delpy nous emballait avec son savoureux Two days in New York. Avec leur second projet Nous York, Géraldine Nakache et Hervé Mimran viennent-ils de signer une balade dans les rues de Manhattan qui restera dans nos mémoires au même titre que la comédie citée précédemment ?

Trois potes d’enfance décident de rendre visite à leurs deux meilleures amies qui vivent à New York pour fêter l’anniversaire de l’une des deux. Entre déchirures et retrouvailles, le voyage ne sera pas de tout repos.

Après le sympathique Tout ce qui brille qui communiquait habilement sa bonne humeur et sa joie de vivre, le tandem Nakache/Mimran signe une comédie dans la même lignée mais ancrée dans un paysage totalement différent. On retrouve encore les histoires d’amitié où chacun vide son sac avant de chaleureuses réconciliations dans lesquelles chaque protagoniste comprend que ses copains sont les meilleurs du monde. C’est tendre, mignon, drôle et l’on est content de retrouver cette adorable équipe dans la ville de Woody Allen et Martin Scorsese.

Cette fois-ci, c’est le trio de mecs qui est mis en avant et la complicité entre eux est visible. On n’explose pas de rire mais leurs échanges et leur comportement filent la banane. Quant à Géraldine Nakache et Leïla Bekhti, il n’y a rien à dire sur leur prestation, et les deux comédiennes retrouvent à peu près les mêmes rôles que dans Tout ce qui brille, avec des caractères et des problèmes assez similaires.

Photo de l'équipe du film Nous York en train de picniquer dans Central Park.

Hélas, l’engouement ne sera que de courte durée. Au bout de vingt minutes, on se demande ce qu’il va bien finir par arriver et le gros défaut de Nous York est son rythme. Les gags et les situations dramatiques sont répétitives, les plans sur New York assez plats, redondants et franchement pas originaux. On a l’impression que les deux réalisateurs tentent de combler un scénario finalement assez vide. La cité a déjà été sublimée au cinéma et l’on sait parfaitement que Nakache et Mimran n’ont pas du tout la prétention d’égaler les modèles américains. Leur long métrage laisse tout de même un goût amer car il n’exploite jamais les possibilités que leur offre le cadre. On les pardonne car on peut imaginer la difficulté de tourner dans une telle ville, aussi bien au niveau des droits que du budget mais cela ne suffit pas pour nous convaincre.

Les répliques n’ont pas le mordant de leur première oeuvre, le dynamisme se fait beaucoup moins ressentir. On retiendra tout de même quelques moments savoureux comme les passages avec Marthe Villalonga. Au final nous avons du mal à trouver une utilité à ce Nous York, projet ambitieux qui s’essouffle beaucoup trop vite et se révèle inférieur en tous points à Tout ce qui brille.

Nous attendions plus de cette réunion de l’équipe qui avait séduit beaucoup de monde en 2009. On reste sur notre faim et l’on espère tout de même voir naître une troisième collaboration qui changera d’ambiance et nous dévoilera une nouvelle facette de ce petit groupe.

Ce contenu a été publié dans Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *