Critique : Nuit Blanche – Un film dans lequel le mot Kebab devient une insulte.

Affiche du film Nuit Blanche de Frédéric Jardin sur laquelle nous voyons tous les personnages principaux.

A la fin du visionnage, une envie nous vient. Celle de lire les critiques presse en allant sur Allociné. Pas pour les recopier en changeant quelques mots comme on a si souvent l’habitude de faire mais par pure curiosité. Et tout de suite, on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi elles ont été si enthousiastes. Avions-nous des crottes dans les yeux pendant une heure et demie ? Eprouvons-nous une haine pour le cinéma d’action français, voire le cinéma français en général ? Non, pas du tout, certains des longs métrages de l’Hexagone sortis l’année passée ont fini dans notre top final. De plus, ça fait toujours plaisir de voir des moyens mis en œuvre pour réaliser des séquences spectaculaires qui n’ont rien à envier aux américains et aux asiatiques.

D’ailleurs des scènes d’action, il y en a certaines qui sont très bien dans Nuit Blanche, comme l’ouverture ou celle dans les cuisines de la boîte de nuit. Le problème est qu’elles sont intégrées dans un scénario qui contient pas mal d’incohérences et dont le rythme a tendance à chuter trop souvent. On ménage les nerfs du spectateur en le calmant puis le relançant. Mais là, ça ne marche pas vraiment. On s’ennuie. Les dialogues volontairement bad ass fonctionnent une fois sur quatre et sont décrédibilisés par le jeu grossier des acteurs. Pourtant, le casting est alléchant. Tomer Sisley et Joeystarr s’en sortent plutôt bien, mais pour Serge Riaboukine et Julien Boisselier, on frôle parfois le comique. Loin d’être des mauvais acteurs, ils en font simplement beaucoup trop dans leurs rôles de parrain et de flic ripou.

Photo de Serge Riaboukine énervé dans le film Nuit Blanche de Frédéric Jardin.

Avec sa caméra portée, Frédéric Jardin a des bonnes idées et des bonnes intentions pour secouer son spectateur. De plus, le concept de placer l’action dans un lieu unique, durant une nuit entière, pour les trois quarts du film est très bon. Mais malheureusement, on ne se rend pas bien compte de la superficie de la discothèque même s’il faut reconnaître l’intelligence de certaines séquences et situations mais traitées trop souvent de manière brouillonne. Au lieu de coller à ses personnages, Jardin aurait peut être mieux fait de les laisser respirer et d’étendre sa caméra pour mieux nous laisser visualiser la grandeur de son espace. Les hommages à Michael Mann sont visibles, dans la mise en scène mais aussi la musique qui nous rappelle la partition de Heat, mais tout ça n’atteint pas le niveau de la scène culte de la boîte dans Collatéral.

Nuit Blanche n’est pas un ratage total mais l’on est vraiment déçus. On ressent le potentiel du metteur en scène qui signe là son premier polar mais qui n’atteint malheureusement pas l’engouement que l’on a eu pour certaines œuvres françaises récentes et notamment celles de Fred Cavayé (A bout portant).

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