Critique : Paul – The Thing

Affiche du film Paul sur laquelle l'alien, Simon Pegg et Nick Frost sont éclairés par un hélicoptère et regardent dans sa direction.

Voir Ted l’autre jour nous a donné envie de redécouvrir l’autre œuvre récente bourrée de références geeks qui nous présentait une étrange créature, Paul. Ici, ce n’est pas un ourson mais un alien qui nous est présenté. Et comme le pote de Mark Wahlberg, il adore fumer de l’herbe, parler de sexe et se faire des amis humains. Avec le recul, Ted est-il vraiment une création originale ou vaut-il mieux seulement s’attarder sur Paul, l’extraterrestre sympathique ?

Dans le film, l’excellent duo formé par Simon Pegg et Nick Frost que vous aviez déjà pu voir dans les désormais cultes Shaun of the Dead  et Hot Fuzz interprète deux amis anglais qui se rendent aux Etats Unis pour un événement sacré pour les geeks, le Comic Con. Et puisqu’ils sont sur place, ils vont également en profiter pour visiter des lieux mythiques à l’image de la mystérieuse zone 51. Ils tomberont sur un individu bizarre, vert et capable de se rendre invisible avec qui ils vont vivre une véritable aventure digne de celles qui les ont bercés depuis leur enfance.

Si vous n’êtes pas amateurs de science fiction, que vous n’y connaissez rien à Star Wars, que vous ne parlez pas Klingon comme n’importe quel trekkie, vous risquez de ne pas apprécier Paul. En effet, le film enchaîne les clins d’œil et en cela il est un hommage sincère et touchant à toute une culture qui s’est développée très largement au XXème siècle, notamment au cinéma grâce à des types comme Steven Spielberg. D’ailleurs, ce n’est sans doute pas un hasard si Pegg et Frost ont interprété Dupond et Dupont dans le très bon Tintin de ce dernier.

Photo de Simon Pegg et Nick Frost dans le film Paul de Greg Mottola. Les deux acteurs semblent regarder étrangement quelque chose dans une station service.

En assumant leurs influences jusqu’au bout, les deux compères nous offrent un spectacle qui nous rappelle certes de nombreux chefs d’œuvre inoubliables mais qui manque cruellement de personnalité. Paul respecte un schéma calibré, prévisible et qui manque malheureusement d’humour trash. Car même si l’alien doublé par la pointure Seth Rogen (Funny People) est attachant, il est loin d’avoir le mordant et l’attitude de l’ourson tordant qui débarquait dans nos salles il y a peu de temps. La mise en scène de Greg Mottola (Supergrave) est correcte mais ne fait jamais preuve d’ambition. C’est dommage, car quand on sait que Pegg et Frost étaient habitués à travailler avec Edgar Wright, l’homme à l’origine de leurs deux précédentes comédies qui réussissait à s’approprier deux genres différents, on ne peut qu’être déçus.

D’ailleurs, pendant que les deux anglais tournaient avec la crème de la comédie américaine sur Paul, Edgar Wright faisait également sa première incursion aux Etats Unis pour réaliser le classique instantané Scott Pilgrim, l’un des plus beaux fantasmes visuels pour geeks qui regroupe toutes les qualités que Paul n’a pas. On sent la bonne volonté et l’implication de toute l’équipe, y compris des comédiens américains (Jason Bateman, Kristen Wiig), on voit à travers les effets visuels qu’ils n’ont pas pris le projet à la légère mais tout le groupe nous avait habitués à beaucoup mieux et c’est pour cela que l’on reste sur notre faim.

Paul est une œuvre sympathique aux intentions louables cependant bien trop molle pour nous convaincre. Elle n’est en rien une tâche sur la filmographie de ses participants. Elle manque cependant du grain de sel du réalisateur, du duo anglais et de tous les autres acteurs qui auraient pu nous livrer un film grandiose.

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