Critique : Piranha 3D – Croque-Monsieur

Affiche du film Piranha 3D d'Alexandre Aja sur laquelle une femme bronze sur la mer alors que des piranhas avec des dents monstrueuses sont sous l'eau prêts à attaquer.

Vous avez peut être déjà constaté qu’on aime parfois des films peu recommandables, qui tâchent, que vous rangez dans un sombre recoin de votre DVDthèque où personne n’ira jamais fouiller. Piranha 3D fait partie de ces œuvres que nous ne mettrons jamais en avant lors d’un dîner d’anciens élèves de la Sorbonne. Il appartient au genre de longs métrages que vous ne mentionnerez pas lors d’un entretien d’embauche lorsque l’on vous demandera quel est l’ultime programme télévisuel que vous avez visionné. Mais malgré les préjugés que l’on peut avoir vis à vis du dernier Alexandre Aja (La colline a des yeux), il faut reconnaître que le résultat est bien foutu et provoque chez le spectateur une euphorie qu’il n’avait pas su retrouver dans les derniers Steven Seagal et autres Uwe Boll.

A l’inverse de tout ce que l’on pourrait penser, Piranha 3D n’est pas ce ratage voulu fun et gore qui ne s’avère être qu’une escroquerie de bas étage pour adolescents en manque de boobs à l’air croqués par des bestioles que l’on n’aimerait pas avoir dans le slip de bain. Evidemment, tous les éléments évoqués dans la deuxième partie de la phrase sont présents et si vous recherchez une once de subtilité, de crédibilité ou de premier degré, passez votre chemin.

Aja met en scène une bande de gros cakes dont la stupidité n’a d’égal que le tour de bras ou de poitrine des figurants qui, lors d’un spring-break, se fait attaquer par des piranhas gigantesques. Et à partir de là, vous contemplez des poissons qui rotent des zboubs et qui bouffent même le type qui réussissait à choper le méchant requin des Dents de la mer. D’ailleurs, Aja n’hésite pas à rendre ouvertement hommage à toutes ses influences, comme Steven Spielberg mais aussi Joe Dante et James Cameron, réalisateurs des deux premiers Piranha.

On peut reprocher au cinéaste français d’avoir des effets spéciaux parfois limités et de ne jamais dépasser le côté plaisir coupable mis en avant dans les différentes bandes annonces et affiches. Mais d’un autre côté, le long métrage remplit ses objectifs de divertissement sans aucun problème, notamment grâce à un second degré omniprésent qui fait toujours mouche. Et même si la poiscaille est un peu crade, rappelons que le budget du film était assez maigre. Par ailleurs, le maquillage des victimes est assez prodigieux. La 3D est utilisée habilement pour faire sursauter le public et Aja réussit son pari.

Il s’entoure de stars du porno qui connaitront toutes un fin tragique et d’acteurs has been que l’on aime retrouver dans des séries Z de ce calibre. Parmi eux, on pense à Ving Rhames (Mission Impossible) qui a oublié qu’il était comédien depuis un bail mais qui nous offre un passage très badass. Vous verrez également Elisabeth Shue, libérée de sa prise d’otages depuis Hollow Man (2000). Jerry O’Connell (Sliders) décroche le rôle du péteux de service tandis que Christopher Lloyd (Retour vers la future) reprend celui du scientifique taré. Aja réunit du beau monde dans une pantalonnade réjouissante, assumée de bout en bout et se terminant sur un twist prévisible mais jouissif.

Si vous aimez les bouffons qui se font broyer de manière assez abominable, Piranha 3D est fait pour vous. Vous pourrez même vous taper la suite dans la foulée, Piranha 3DD (meilleur titre de l’année), qui ne devrait pas tarder à sortir en salles ou en DVD. Alexandre Aja confirme qu’il est le fer de lance de l’horreur en France et prouve qu’il est possible pour des cinéastes de s’affirmer à Hollywood.

Ce contenu a été publié dans Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *