Critique : Pulp Fiction – Bad Motherfucker

Affiche du film Pulp Fiction présentée sous le format d'un magazine Pulp à 10 cents. Uma Thurman est allongée sur un lit avec l'une de ses revues et fume une cigarette. Un pistolet est posé sur le lit devant elle.

Le nouveau film de Tarantino arrive très bientôt. Depuis plusieurs mois, on découvre des posters et des trailers qui donnent envie et semblent confirmer que Quentin n’a rien perdu de son talent, aussi bien au niveau de l’écriture que de la mise en scène. On doit bien avouer que Django Unchained s’avère plus alléchant qu’Inglourious Basterds, que l’on avait beaucoup aimé mais qui était tout de même un poil désordonné et inégal.

A une certaine époque, Tarantino nous sortait par les yeux. Pas parce qu’il signait de mauvais longs métrages, car ce n’est pas vrai. Que l’on aime ou pas, il faut reconnaître que sa filmographie est riche. Il a apporté son style au septième art en réussissant à utiliser ses références tout en créant son propre univers de gangsters attachants. Mais ce qui nous dérange, c’est cette légitimité qui lui est accordée. Quentin est un dieu. Les nouvelles générations ne jurent que par lui. Mais avant lui, Jean Pierre Melville est passé par là. Martin Scorsese est passé par là. Max Pécas est passé par là. Quentin n’invente rien. Il recycle et transforme et le résultat est toujours intéressant, parfois grandiose.

De Reservoir Dogs à Inglourious Basterds, nous sommes incapables de dire quel est notre film préféré de Tarantino car chacun d’entre eux a sa particularité et ses fulgurances. Mais celui qui nous tient le plus à cœur est sans doute Pulp Fiction car il a marqué notre rencontre avec le cinéaste. Personne avant lui ne nous avait intéressé avec une conversation sur un milkshake ou un hamburger. Personne n’avait réussi à nous faire apprendre un passage de la Bible. Mais Samuel L. Jackson (Jackie Brown) a débarqué et la situation a changé. Personne ne nous avait expliqué qu’il ne fallait pas garder le doigt sur la gâchette lorsqu’on était en voiture, car une décharge accidentelle est si vite arrivée. Personne ne nous avait dit que les prêteurs sur gages étaient d’ignobles violeurs sadomasos.

Photo de Bruce Willis dans le film Pulp Fiction de Tarantino qui se réveille brutalement d'un rêve dans un gymnase avant un combat de boxe.

En nous dévoilant une galerie de personnages déjantés, Tarantino emporte haut la main notre adhésion. Il ressuscite John Travolta (Blow Out), dévoile une facette inconnue de Bruce Willis (Piège de cristal) et offre à Samuel L. Jackson la possibilité d’exprimer sa cool attitude de la plus belle manière. Christopher Walken (Voyage au bout de l’enfer) est de passage pour nous parler d’une montre et d’un trou de balle. Harvey Keitel (Bad Lieutenant) se transforme en Mr. Propre, Ving Rhames (L’armée des morts) en gros caïd. Et au milieu de toutes ces tronches inoubliables, on retrouve la muse, Uma Thurman (Kill Bill), venue nous offrir une danse et une montée d’adrénaline mémorables.

Tous ces parcours se croisent et Tarantino ne perd jamais le fil. Sa narration singulière et non chronologique est maîtrisée de bout en bout. L’auteur s’amuse et joue de toutes les situations redondantes et parfois drôles à l’image de la fameuse « poisse aux toilettes » de Vincent Vega. Ce que l’on apprécie le plus chez l’auteur, c’est sa façon de raconter des histoires saugrenues et ses dialogues incisifs, inventifs et complètement barrés. Et Pulp Fiction est probablement le film qui allie le mieux ces deux qualités.

Œuvre unique et jamais égalée depuis, Pulp Fiction synthétise à merveille toutes les qualités de son créateur. 2h30 de situations cultes qui ont marqué toute une époque et une génération, ça n’arrive pas tous les jours. Tarantino est un brillant enfoiré qui porte un amour sans égal au septième art et à ses spectateurs, amateurs d’un cinéma de genre qu’ils ont vu renaître en partie grâce à lui.

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