Critique : Quatre frères – Les Kaïra

Affiche du film Quatre Frères de John Singleton sur laquelle les quatre personnages principaux sont pris en contre-plongée, armés.

En 2005, l’homme qui est passé du statut de « jeune prodige » à « yes man » pour des séries B peu recommandables (2 Fast 2 Furious, Identité secrète), John Singleton, signait l’un de ses meilleurs films (ce qui n’est pas très compliqué), le western urbain Quatre Frères. Chez Brozkinos, on adore parler de grosses productions sans grand intérêt mais badass et regorgeant de tronches aux sourcils froncés qui enchaînent avec panache répliques de nerveux et blagues bien grasses. Et Quatre frères en est le parfait exemple !

A Detroit, Evelyn Mercer est une vieille femme respectée et aimée de tous. Un soir, elle est abattue lors d’un braquage qui tourne mal. Ses quatre fils adoptifs, Bobby, Angel, Jeremiah et Jack font donc leur retour en ville pour s’occuper de l’enterrement. Mais aussi pour en savoir plus sur cette affaire qui ne tourne pas rond…

Après les navets Shaft et 2 fast 2 furious, Singleton fait son retour dans les banlieues américaines, paysage dans lequel il a grandi et qu’il avait brillamment mis en scène dans son premier long métrage, Boyz’n the hood. Mais cette fois-ci, pas question d’évoquer les difficultés sociales, les conditions misérables et de montrer tout l’aspect dramatique. On est là pour cogner, pour faire claquer les armes mais surtout pour prendre du fun.

Photo de Mark Wahlberg, Garrett Hedlund et Tyrese Gibson s'avançant dans le couloir d'un immeuble armés dans le film Quatre Frères de John Singleton.

S’il ne bénéficie pas d’un scénario très original, qui regorge de policiers et bureaucrates corrompus, de méchants cabotins et de durs à cuire déterminés, Quatre frères a tout de même le mérite de nous offrir quelques scènes d’action assez sympathiques, à l’image d’une course poursuite effrénée sous la neige dans les rues de Detroit. Finie la chaleur étouffante de Los Angeles, la grisaille de la ville confère au film une atmosphère sombre qui apporte un changement sympathique. En effet, les polars se déroulant dans la cité des anges, on en a eu un paquet ces dernières années (Au bout de la nuit, Bad times) et découvrir un nouveau décor ne pouvait pas nous faire de mal.

L’autre gros point fort du long métrage est son second degré omniprésent, représenté en grande partie par un Mark Wahlberg en très grande forme qui signe une prestation toute en excès, loin de la sobriété dont il a su faire preuve dans l’excellent Fighter et le décevant Contrebande. Il est l’aîné de la famille, le bourrin, macho et misogyne qui n’hésite pas à entrainer ses frangins dans des plans foireux où la castagne est forcément au rendez-vous. Il est entouré de trois acteurs efficaces, dont un chanteur de R’n’B (Tyrese Gibson), un rappeur (André 3000) et un jeune débutant, Garrett Hedlund, qui est en train de monter petit à petit (Tron Legacy, Sur la route). Ensemble, ils chient la porte ouverte, se reluquent la quéquette pour voir si une irritation peut être dangereuse et font les kékés dans leur baraque, sur un terrain de hockey ou dans les bars. Vous l’aurez compris, l’alchimie est totale.

Si vous en avez marre de Batman, de Spiderman et de tous ces types qui ont besoin de gadgets ou de pouvoirs pour foutre une branlée à leurs adversaires, penchez-vous sur ces Quatre frères qui n’ont pas un cerveau très développé mais qui vous feront probablement bien rigoler pendant 1h40.

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