Critique : Rebelle – Princesse malgré elle

Affiche de Rebelle sur laquelle l'héroïne est face à l'objectif, tenant un arc, dans une forêt qui semble enchantée.

Ô joie ! Le nouveau bébé de Pixar est arrivé ! Et cette fois-ci, le studio nous emmène dans les magnifiques Highlands d’Ecosse pour nous faire suivre le récit d’une héroïne hors du commun, une princesse farouche qui rêve plus de batailles et de chevauchées que du prince charmant. Merida en a assez de suivre les traditions que lui enseigne sa mère et qui la cloitrent dans son château alors qu’elle pourrait explorer les terres mystérieuses et envoutantes de son royaume. Elle ira à l’encontre des ordres qui lui sont donnés et partira à l’aventure pour accomplir son destin.

Techniquement, Rebelle est une pure merveille. Les paysages sont magnifiques et l’on s’y croirait presque. Après la déception Cars 2, Pixar offre à son spectateur un univers très original, qui ne ressemble en rien à tout ce que l’on a pu voir avant. Ce voyage dans le passé est d’une pure beauté et surpasse visuellement Dragons, le dessin animé Dreamworks, qui se déroulait au temps des vikings. La grandeur des espaces permet au voyageur de respirer et de prendre une bouffée d’air frais et le studio réussit à nous immerger dans des décors somptueux, comme c’était le cas avec Paris dans Ratatouille ou la Terre dévastée de Wall-E.

Le plus beau, c’est qu’en plus des ses qualités en termes d’animation, Rebelle a quelque chose à nous raconter. Cette réflexion sur la famille est réellement poignante, mais elle ne nous prend pas aux tripes comme Là Haut ou Wall-E. Le studio réussit une nouvelle fois à aborder des thèmes adultes. Et même s’ils sont évoqués avec naïveté, ce qui est tout à fait normal pour un film destiné aux enfants, ils n’en demeurent pas moins touchants et si le long métrage n’est pas celui qui nous transporte le plus, il est néanmoins doté de belles fulgurances, notamment dans l’approche de la relation mère-fille.

Le scénario nous dévoile un retournement de situation complètement inattendu et même si l’œuvre n’est pas un modèle d’écriture, elle a le mérite de nous révéler ses péripéties avec subtilité et humour. Les enfants trouveront peut être le résultat trop sombre et ne comprendront sûrement pas le message principal. Mais ce n’est pas grave, ils auront de quoi s’amuser pendant une première partie très drôle et irrésistible, pendant que leurs parents se régaleront avec la dernière, plus émouvante et prenante.

Le dernier gros point fort du film est sa bande originale. Après Thor et La planète des singes : les origines, Patrick Doyle nous a une nouvelle fois concoctés une jolie partition, qui bénéficie des meilleures sonorités celtiques que l’on a entendues au cinéma depuis un bon moment. Les trois chansons sont elles aussi un ravissement et surpassent celles de l’excellent Raiponce. Par ailleurs, même si nous avions adoré ce dernier, nous sommes convaincus que Merida est plus aboutie et plus rayonnante que la princesse aux cheveux d’or. Cela est sûrement du au fait que le film renouvelle les codes du genre et évite les clichés habituels, notamment lors des séquences où les potentiels époux de la belle se disputent sa main.

Rebelle n’est pas notre Pixar préféré mais le dessin animé reste au dessus de la plupart des films d’animation sortis dernièrement, à l’image de L’âge de glace 4 ou Madagascar 3, qui n’étaient que des purs divertissements. Le studio reste celui qui développe le mieux des histoires profondes, qui ont un sens et ne sont pas là uniquement pour nous faire sourire. Prenez en main votre destin et foncez en salles, cela ne pourra que vous faire du bien.

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