Rétrospective 2014

Affiche de The Homesman de Tommy Lee Jones. Nous y voyons le portrait d'Hilary Swank et Tommy Lee Jones qui affichent un visage rugueux. En bas de l'affiche, nous voyons une diligence.

2014 se termine et c’est avec plaisir que l’on revient sur une année de cinéma riche, dans laquelle nous aurons découvert des cinéastes et renforcé nos impressions sur des artistes qui continuent de nous impressionner. Malheureusement, 2014 est également synonyme pour nous de rendez-vous manqués. Difficile de bâtir un top exhaustif lorsque l’on a loupé certains des plus gros succès critiques et publics. C’est avec beaucoup de retard mais beaucoup d’envie que nous rattraperons Winter Sleep, Leviathan, Le Sel de la Terre ou encore Le vent se lève.

Si nous avons loupé le Jersey Boys de Clint Eastwood, nous avons en revanche pu apprécier le sympathique Magic in the Moonlight d’un Woody Allen qui, s’il ne se renouvelle pas, réussit toujours à nous captiver grâce à ses dialogues. 2014 marquait le retour de David Fincher qui nous a offert une analyse très sarcastique du couple avec Gone Girl. A l’instar de ce petit bijou, d’autres thrillers nous ont surpris cette année. Nous retiendrons principalement American Bluff et Les Brasiers de la colère, le doublé de Christian Bale ainsi que celui de Tom Hardy, impérial dans Locke et Quand vient la nuit. Si The two faces of January ne brille pas par son originalité, il reste néanmoins porté par deux comédiens toujours impeccables, Viggo Mortensen et Oscar Isaac, dont les performances font partie des plus justes de l’année. 

Dans un ton plus léger, Wes Anderson et son prestigieux Grand Budapest Hotel nous ont donné le sourire. Le long métrage synthétise toutes les qualités d’un metteur en scène à l’univers singulier et dont le ton burlesque fonctionne à chaque fois. Ben Stiller est parfaitement revenu sur le devant de la scène avec La vie rêvée de Walter Mitty, œuvre très personnelle, moins corrosive et plus profonde que ses précédentes réalisations. Côté comédies potaches, ce sont 22 Jump Street et Albert à l’ouest qui l’emportent haut la main. Nous avons été ravis de voir que la comédie française n’était pas totalement morte en découvrant Les combattants, l’une des belles surprises hexagonales de l’année, à l’instar du polar hard-boiled Colt 45 et de La Belle et la Bête, dernier coup de maître de Christophe Gans.

Photo du film Mommy de Xavier Dolan. Nous y voyons la mère incarnée par Anne Dorval se faire faussement embrasser par son fils Antoine Olivier-Pilon.

Nous avons vu en 2014 une abondance de blockbusters. Certains se sont avérés forts sympathiques, voire marquants, à l’image d’Interstellar, l’une des plus belles évocations de la famille de l’année, tout comme le magnifique Mommy de Xavier Dolan, également à l’origine de l’oppressant Tom à la ferme. En revanche, on préfère ne pas s’attarder sur Lucy, les seconds volets de Sin City et de The Amazing Spider-Man ainsi que le troisième opus d’Expendables, qui incarnent l’inverse de tout ce que l’on aime dans le cinéma de genre. On retiendra plutôt l’hommage aux thrillers seventies véhiculé par Captain America : le soldat de l’hiverles séries B old school John Wick et The Equalizer, le voyage dans le temps proposé par Edge of Tomorrow, les incroyables effets spéciaux de La Planète des Singes : L’affrontement et surtout le retour de Bryan Singer aux commandes de la saga X-Men.

2014 a également été une année pleine de tension. Entre le regard inquiétant de Scarlett Johansson dans Under the Skin, les apparitions tendues de Sam Shepard dans Cold in July, le paysage désertique de The Rover, le dernier plan d’Enemy, le calme effrayant de Black Coal ou encore le final de Maps to the Stars, de nombreux cinéastes ont su nous immerger dans leurs œuvres viscérales et dérangeantes.

Photo de Joaquin Phoenix dans le film Her de Spike Jonze. L'acteur est sur le pont d'un bateau, seul, et semble particulièrement heureux. On distingue l'oreillette qui lui permet de communiquer avec le logiciel.

Mais c’est le sentiment de mélancolie qui s’est dégagé de plusieurs films que l’on a préféré en 2014. Nous avons du faire nos adieux au Hobbit et à la deuxième trilogie ultra ambitieuse de Peter Jackson. Quelle tristesse de voir que Nicolas Cage nous a marqués en milieu d’année avec Joe avant de sombrer à nouveau dans les limbes du nanar.

Avec Calvary et Les poings contre les murs, passés trop inaperçus, Her représente à nos yeux l’un des films les plus émouvants de 2014. Ce dernier est, avec The Homesman, le long métrage le plus bouleversant de l’année. Le premier est une histoire d’amour complexe amenée avec simplicité et regorgeant d’idées subtiles et ingénieuses. Le propos désabusé du second est à contre-courant de ce que l’on a l’habitude de voir et la mise en scène est à rapprocher de celle des plus grands maîtres. The Homesman nous rappelle, aidé par The Salvation et My Sweet Pepper Land, que le western, notre genre de prédilection, se porte à merveille.

Et vous, qu’avez-vous préféré au cinéma cette année ?

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