Critique : Scott Pilgrim – Geek ta mère.

Affiche de Scott Pilgrim d'Edgar Wright sur laquelle le héros interprété par Michael Cera joue de la guitare électrique.

A la fin de l’année 2010 sortait en France l’instantanément culte Scott Pilgrim, dans un nombre très limité de salles suite à une promotion quasi inexistante. Il faut dire que le long métrage est loin d’être au goût de tout le monde mais les fans le connaissaient depuis un moment, sorti aux Etats Unis et mis en ligne sur le net bien avant sa distribution au cinéma.

Adapté du comics de Brian O’Malley lui aussi devenu incontournable, le film a tout d’abord suscité notre excitation lorsque le nom du réalisateur est parvenu à nos oreilles. Il s’agit du génial Edgar Wright, metteur en scène britannique des hilarants Shaun Of The Dead et Hot Fuzz. Pour tourner une œuvre qui rend hommage aux geeks et qui mélange l’univers du jeu vidéo, de la bande dessinée et de la musique, il en fallait justement un de taille, car le projet était plutôt casse-gueule. En effet, la culture geek est riche, complexe, trop sous-estimée et a souvent été tournée en ridicule, notamment dans certaines comédies françaises telles que l’ignoble Cyprien. Avec Scott Pilgrim, Wright parvient à rectifier le tir et nous lâche une petite bombe qui envoie valser très loin les mauvais fantasmes de certains réalisateurs comme le Sucker Punch de Zack Snyder (300). En se réappropriant très bien la BD, il titille notre imaginaire avec un scénario barré qui n’est pas uniquement prétexte à des bastons vulgaires et moches visuellement.

Le jeune Scott vit à Toronto et sort avec une jeune lycéenne, Knives. Il squatte chez son ami et passe la plupart de son temps à répéter avec son groupe de rock, les Sex Bob-omb. Mais lorsque l’Américaine Ramona Flowers débarque en ville, Pilgrim tombe amoureux avant même de l’avoir vue. Il parvient à la séduire, mais ce qu’il ne sait pas, c’est qu’une ligue de sept ex maléfiques de la jeune fille a décidé de lui en faire baver.

Photo du comics de Scott Pilgrim sur laquelle le héros tente d'aborder Ramona lors d'une soirée.

Des combats, il y en aura donc plusieurs dans le film. A aucun moment ils ne sont répétitifs, et dans tous Wright utilise des idées de mise en scène qui sont brillantissimes et rendent hommage aux jeux d’arcades, au rock et bien d’autres choses. Il fait preuve d’une maîtrise totale, pas uniquement lors des séquences de bagarre, mais durant toute la durée de l’œuvre. Le spectateur ne voit donc pas passer le temps et va jusqu’à en redemander. Intégrant habilement des passages du comics, il respecte le travail d’O’Malley. Mais à l’inverse de ce qu’avait fait Snyder (encore lui) sur Watchmen, c’est à dire une belle transcription du livre à l’écran, sans véritable apport personnel par rapport à l’univers et l’histoire, même si les qualités graphiques sont bluffantes, Wright pose une réalisation réfléchie, foisonnante d’idées et qui nous en met plein les rétines. De plus, comme dans son modèle, il réussit à aborder l’air de rien et avec humour des thèmes importants tels que le dépassement de soi, la créativité, l’opposition du bien contre le mal (sans aucun manichéisme), et même l’amour, sujets prépondérants de la « mythologie » geek.

Wright bénéficie d’acteurs en or, Michael Cera en tête, qui trouve son meilleur rôle dans la peau de ce jeune adulte, pas vraiment décidé à grandir. Du côté des seconds rôles, voir Chris Evans (Captain America) jouer de son image de star d’action ou Brandon Routh faire le végétalien, c’est irrésistible et comme tout le reste du film, à mourir de rire. Il faut également saluer toutes les autres prestations, et c’est probablement le meilleur casting réuni pour un film de teenagers, allant de la talentueuse Mary Elizabeth Windstead (Boulevard de la mort) à Jason Schwartzman (Funny People).

Chez Brozkinos, Scott Pilgrim est désormais une référence dont on ne se lasse pas. Pour véritablement, l’apprécier, il faut véritablement pénétrer dans cet univers décalé visuellement et scénaristiquement, mais n’hésitez pas à vous lancer, ça en vaut vraiment la peine.

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