Critique : Sécurité Rapprochée – L’associé du Swag

Affiche du film Sécurité rapprochée sur laquelle nous découvrons Ryan Reynolds armé et en action en haut de l'affiche et le portrait de Denzel Washington en bas de l'affiche.

Voici le film qui a changé de titre pour chaque pays dans lesquels il a été distribué. L’original, Safe House, a été évincé au profit de El invitado (L’invité, que l’on ne pouvait utilisé en France car c’est déjà une sombre bouse avec Daniel Auteuil) dans les pays hispaniques. Pour la France, on a eu la bonne idée de choisir Sécurité rapprochée, qui est évidemment celui qui correspond le moins au long métrage, mais également celui qui ne donne pas du tout envie, laissant présager un nanar rempli d’action et de testostérone, ce qui n’est pas totalement le cas ici.

Réalisé par Daniel Espinosa, cinéaste suédois qui réalisa le film de criminels Easy Money en 2010 et rencontra le succès un peu partout dans le monde, Sécurité rapprochée est le moyen idéal pour Espinosa de faire ses preuves à Hollywood. Il faut reconnaître que le bougre se débrouille plutôt bien. Choisissant la caméra portée, idéale et hype pour les films d’espionnage depuis le succès de La mort dans le peau de Greengrass, il nous assène de jolies poursuites bien maîtrisées et rendues convaincantes à l’aide d’un montage nerveux qui n’a rien d’original mais qui fait toujours son petit effet.

Photo de Ryan Reynolds et Denzel Washington discutant dans une rue dans le film Sécurité Rapprochée.

La bonne idée du film est évidemment le personnage de Denzel Washington, ex-agent de la CIA qui a trahi l’agence et qui est désormais traqué par une multitude de gars qui ont l’air d’avoir une dent contre lui. L’acteur joue la carte de l’ambiguïté, n’étant pas vraiment le salaud de Training Day ni le bon gars de Déjà vu. Il est froid mais dégage son charisme habituel, qui réussit à nous convaincre depuis de nombreuses années. On se souvient de sa prestation l’année passée dans Unstoppable dans lequel il jouait un ouvrier ferroviaire chauve tout sauf beau gosse. Il avait la classe. Mais comment fait-il ? Ici même avec une coupe façon Ben Wallace (ou Kamini), il a le style. De plus, n’étant pas radin, il refourgue même un peu de sa coolitude à Ryan Reynolds, beaucoup plus crédible que dans la plupart de ses anciens films (Green Lantern, La proposition) et qui retrouve enfin un bon rôle depuis Buried dans la peau de cet agent déterminer à choper Washington parce qu’il en a ras le bol de faire le concierge dans l’un des refuges de la CIA. A l’écran, l’alchimie entre les deux comédiens fonctionne bien, et ils sont épaulés par des seconds rôles de luxe, dont Brendan Gleeson (L’irlandais), Sam Shepard (L’étoffe des héros) ou Vera Farmiga (Les infiltrés).

Même s’il est solide et distrayant, Sécurité rapprochée ne révolutionne en rien le genre et on peut lui reprocher des retournements de situation et une fin largement prévisibles. Le travail d’Espinosa est propre et agréable mais loin d’être indispensable, et de ce fait il s’oublie très vite.

Sécurité rapprochée est à voir si vous avez du temps libre. C’est un thriller de qualité mais qui reste très conventionnel et ne fera du mal ni à vos méninges comme a pu le faire La Taupe, ni à vos yeux. Après de là à mettre 10 euros, c’est une autre histoire.

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