Critique : Shutter Island – Film d’angoisse ? Bien plus que ça

Poster du film Shutter Island réalisé par Martin Scorsese. Le visage de Leonardo DiCaprio est en haut de l'affiche et il tient une allumette dans la main avec un regard méfiant. En dessous du logo titre, nous voyons une photo de l'île où se trouve l'hôpital psychiatrique.

Comment distingue-t-on une bonne adaptation cinématographique  d’une mauvaise ? L’une des choses les plus importantes pour réussir ce challenge tient dans la capacité du réalisateur à s’approprier le récit original. En cela, Martin Scorsese a su relever le défi avec Shutter Island.

Adapté du célèbre romancier Dennis Lehane, auteur du fabuleux Gone Baby Gone et des nombreux romans où apparaît le couple de détectives Kenzie-Gennaro, Shutter Island est un thriller horrifique sur fond d’enquête dans un hôpital psychiatrique. Mais pas seulement. Le génial réalisateur de Mean Streets et Taxi Driver  a en effet su donner une épaisseur à tous les personnages du film, même les moins présents à l’écran, comme celui interprété par le trop rare Ted Levine. Et en parvenant à cela, nous assistons ébahis à un drame sur un homme qui n’arrive pas à faire son deuil mais aussi à un huis clos où l’on ne sait jamais vraiment s’il est question de manipulation ou d’illusion.

Leonardo Dicaprio & Martin Scorsese sur le tournage de Shutter Island. Scorsese dirige Dicaprio devant l'un des batiments de l'hôpital psychiatrique du film.

La mise en scène est somptueuse, le montage nerveux, la photographie éblouissante et la musique nous donne parfois des frissons, à l’image du magnifique morceau This Bitter Earth/On The Nature Of Daylight.

Que dire des interprètes ? Dicaprio prouve, tout comme avec Inception sorti la même année, qu’il est capable d’habiter des personnages brisés et émouvants avec une justesse rare. Mark Ruffalo confirme tout le bien qu’on pensait de lui depuis quelques années, traçant son chemin avec discrétion dans des longs métrages qui eux ne le sont pas. Il serait mal de nier le fait que Michelle Williams est l’une des meilleures actrices de sa génération. Enfin, Max Von Sydow et Sir Ben Kingsley, tous deux inquiétants dans leurs rôles de médecin, sont parfaits.

Marty réussit donc son pari haut la main, revenant au genre qu’il avait expérimenté dans le remake des Nerfs à vif, son plus gros succès commercial à l’époque. Et comme dans ce dernier, mais aussi Les infiltrés ou La dernière tentation du Christ, il nous montre qu’il est encore capable d’apporter sa patte à des projets qui ne jouissent, à l’origine, pas d’une grande originalité.

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