Critique : Star Trek Into Darkness – La menace fantôme

Affiche de Star Trek : Into Darkness de J.J. Abrams. Nous y voyons Benedict Cumberbatch avancer face à l'objectif devant des buildings et un paysage en ruines.

Il y a ceux qui voient J.J Abrams comme un arnaqueur réfugié sous la casquette d’artiste alors qu’il n’est qu’un technicien, un yes-man venu détruire les univers cultes dont il est pourtant fan. Et il y a les autres, comme nous, qui le voient comme un producteur de séries malin (Lost) et surtout un réalisateur de blockbusters, certes pas toujours très profonds, mais diablement efficaces. Son Mission Impossible 3 nous a offert le meilleur méchant de la saga (Philip Seymour Hoffman). Son Super 8, même s’il était exempt de toute surprise, comportait une touche de nostalgie agréable pour l’âge d’or d’Amblin.

En ce qui concerne Star Trek, il est impossible de juger objectivement lorsque l’on n’est pas familiers de l’œuvre de base créée par Gene Roddenberry. Le premier opus est à nos yeux un film de science fiction impressionnant aux personnages intéressants malgré leur côté caricatural qui leur faisait parfois frôler le ridicule. On attendait donc la suite avec réjouissance.

La scène d’introduction du long métrage n’est pas aussi spectaculaire que celle du premier épisode mais elle est en revanche émotionnellement plus puissante. Nous y découvrons un personnage énigmatique, pièce centrale du film. L’individu en question est incarné par Benedict Cumberbatch, un acteur qui en très peu de temps a tourné dans des œuvres magnifiques telles que La Taupe ou Cheval de guerre tout en redonnant un coup de jeune à Sherlock Holmes grâce à l’excellente série britannique. Une fois de plus, il est impeccable, redoutable dans la peau du terroriste John Harrison. Abrams lui donne une véritable épaisseur, le rend ambigu et le développe en profondeur. Comme c’était le cas sur Mission Impossible 3, il semble avoir retenu la leçon d’Alfred Hitchcock sur l’importance des protagonistes machiavéliques.

Photo de Chris Pine, Zoé Saldana et Zachary Quinto dans Star Trek : Into Darkness. Dans une grotte, Pine et Saldana sont au sol alors que Quinto semble les protéger avec une arme.

Même s’il vampirise l’écran, Cumberbatch est entouré par des comédiens qui ont gagné en sobriété. A commencer par Chris Pine (Target), beaucoup plus convaincant dans la peau d’un Kirk plus mature, plus torturé, qui assume enfin ses responsabilités tout en gardant l’esprit fougueux qui le caractérise. Sa relation avec Spock (Zachary Quinto) est intéressante même si elle prend un chemin convenu et prévisible. En revanche, celle de ce dernier avec le personnage incarné par Zoë Saldana est quasiment oubliée.

Au niveau du scénario, le rythme ne faiblit jamais et s’il n’apporte rien de nouveau au genre, on ne peut qu’être bluffés par les effets visuels totalement maîtrisés. Les scènes d’action sont prenantes, lisibles et l’on retiendra en particulier une poursuite mémorable. Pour des novices comme nous vis à vis de la mythologie Star Trek, le film remplit largement son contrat mais le reproche que l’on pourrait lui faire est que mis à part le nom des personnages et leurs pyjamas, il peut être difficile d’identifier l’univers en question tant l’œuvre comporte de nombreux points communs avec d’autres longs métrages. Evidemment, il y a les oreilles de Spock et l’USS Enterprise. Mais si l’on met tout ça de côté, des explosions, des trahisons et des histoires d’amitié parsemées de coups de laser, on en a déjà vues beaucoup auparavant dans l’espace.

Star Trek Into Darkness, ce n’est assurément pas un chef d’œuvre mais c’est parfait pour la saison estivale. A découvrir pour l’un des meilleurs méchants de l’année, pour le second degré omniprésent et l’action à couper le souffle.

Ce contenu a été publié dans Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *