Critique : Sur la piste du Marsupilami – Jungle fever

Affiche du film Sur la piste du Marsupilami réalisé par Alain Chabat sur laquelle nous découvrons tous les personnages principaux sur un montage photo. Le Marsupilami est au centre de l'affiche, bondissant.

Gros succès public et critique de ce début d’année, Sur la piste du Marsupilami débarque enfin en DVD pour réjouir les petits et les grands. Nous n’avions pas eu la chance de le voir en salles et forcément, on s’est dit qu’il fallait vite découvrir ce divertissement d’aventures salué unanimement par les spectateurs. Dans un paysage où les comédies franchouillardes s’enchaînent et n’emballent que moyennement ou pas du tout le public (Les seigneurs), Alain Chabat réussit encore une fois à mettre tout le monde d’accord. Enfin presque.

Dan Geraldo est un reporter de terrain français très populaire reconnu pour ses documentaires nous plongeant dans l’enfer des conflits qui ont meurtri la Palombie. Mais le temps a passé et Geraldo ne fait plus autant d’audience qu’avant. Pour donner un nouveau souffle à sa carrière, ses supérieurs décident de le renvoyer en Palombie vingt ans après le tournage qui a fait de lui une légende. Là bas, il sera accueilli par le guide Pablito, qui l’emmènera en plein cœur de la jungle afin de percer le mystère de la culture paya. Très vite, ils se rendront compte qu’ils ne sont pas seuls dans cette terre dangereuse. Un animal rapide et très puissant est sur leur chemin et il pourrait bien représenter la découverte du siècle.

Alain Chabat est l’un des rares artistes français qui a su rendre une BD potable à l’écran (Astérix et Obélix : Mission Cléôpatre). Dans cette adaptation de Franquin, il retrouve son compère Jamel Debbouze à qui il donne toute la possibilité d’exploiter son potentiel comique. Les passages les plus drôles du long métrage, c’est à eux qu’on les doit. On constate que les deux amis se sont une nouvelle fois lâchés et sont allés au bout de leur délire. Malheureusement, même si l’on ressent l’énergie de leur association et que leur bonne humeur est communicative, Sur la piste du Marsupilami n’emporte jamais complètement notre adhésion car il tombe trop vite dans les lourdeurs.

Photo d'Alain Chabat et Jamel Debbouze dans le film Sur la piste du Marsupilami d'Alain Chabat. Les deux acteurs sont enterrés dans le sable. Leur tête ressort et ils se regardent avec un air colérique.

On dit oui aux délires visuels de Chabat, à ses effets spéciaux barrés, à ses voix off et ses fausses publicités qui nous rappellent la grande époque des Nuls. En revanche, tous ces bons éléments sont plombés par une sous intrigue inintéressante et surtout portée par des comédiens plus cabotins que jamais ou mal exploités. Fred Testot (Dépression et des potes) est irritant dans le rôle du scientifique fou et son rôle est trop mis en avant en comparaison avec celui de Géraldine Nakache (Tout ce qui brille), beaucoup plus sobre et attachante. Ainsi, on passe la moitié du film à s’ennuyer, à contempler ce spectacle burlesque qui comporte certes des fulgurances mais qui ne réussit jamais à provoquer des fous rires comme c’était le cas dans les précédentes œuvres du comique.

Chabat se fait plaisir, nous propose de jolis plans aériens et réussit à créer une créature sympathique et drôle. Il ne parvient cependant pas à donner de l’épaisseur à tous ses protagonistes comme c’était le cas dans Mission Cléôpatre dans lequel même les plus petits caméos étaient tordants et mémorables. On comprend l’enthousiasme général du public car son projet a de l’ambition et s’avère plus séduisant que les trois quarts des programmes populaires mais nous ne sommes pas convaincus, peut être parce que son film est destiné à un public assez jeune, même si certaines blagues et références sont moins accessibles.

Sur la piste du Marsupilami est une déception mais l’on se console en voyant que Chabat y a mis du cœur et s’est réellement investi dans le projet. On n’attend pas la suite, même si l’on peut déjà parier que nous serons dans les salles au moment de la sortie.

Ce contenu a été publié dans Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *