Critique : Taken 2 – La revanche des serbes

Affiche du film Taken 2 réalisé par Olivier Megaton sur laquelle Liam Neeson pris en contre-plongée sur un toit d'Istanbul.

Chez Europacorp, quand un film marche, on est obligé d’en faire une franchise. On l’a vu avec Le transporteur, mais aussi Banlieue 13 ou encore Taxi. Et généralement, les suites sont de moins en moins bonnes et finissent par devenir complètement nazes, quand ce n’est pas déjà le niveau du premier volet. Aujourd’hui, c’est le long métrage Taken qui a droit à son petit frère. On avait bien aimé l’actionner de Pierre Morel. Voir Liam Neeson tataner dans les rues de Paris à la recherche de sa fille kidnappée, ça nous avait fait un grand bien, d’autant plus que l’acteur effectuait un joli comeback dans le rôle du déterminé Bryan Mills. Mais est ce qu’un film n’était pas largement suffisant ? D’après Besson et sa clique, non.

Cette suite s’avère sans intérêt. Bryan Mills qui se retrouve avec une bande d’albanais aux trousses qui veulent se venger du massacre qu’il a orchestré dans les rues de Paris, ça semblait évident. Et bien sûr, il va péter un cable. Encore une fois. On aurait pu accepter un scénario aussi bidon s’il y avait eu une quelconque ingéniosité dans les scènes d’action mais ce n’est absolument pas le cas. On trouve ici ou là quelques idées qui sont gâchées par la réalisation foutraque de Megaton, qui nous assène 10 plans à la seconde et s’impose de nouveau, après le médiocre Colombiana, comme un Tony Scott du pauvre.

Les incohérences sont tellement grotesques et nombreuses qu’on finit par les énumérer au lieu de suivre l’intrigue. En même temps, il n’y a rien de bien intéressant à se mettre sous la dent. On sent que Liam Neeson est très moyennement impliqué, comme dans la plupart de ses derniers projets mis à part l’excellent Le territoire des loups et il est filmé tellement vite que l’on ne perçoit pratiquement pas ses mouvements. On pourrait croire qu’il fait comme Steven Seagal, doublé pour ouvrir une porte, mais l’on se rassure en voyant le comédien cavalé avec un air fatigué, se donnant tout de même un peu de mal pour rehausser le niveau.

Photo de Liam Neeson dans le film Taken 3 d'Olivier Megaton. Dans un immeuble qui semble délabré, l'acteur pris en contre-plongée pointe son arme vers un ennemi.

Mais attention, il y a pire que les scènes d’action dans Taken 2. En effet, le spectateur doit en plus se taper des séquences de dialogues niaises entre Mills, sa femme et sa fille, interprétées respectivement par Famke Janssen (Goldeneye) et Maggie Grace (Lock Out). On sait que le trio n’est pas dénué de talent mais les voir parler de permis, de divorce et d’hémorroïdes, ce n’est pas possible. Le personnage principal est devenu complètement maniaque et l’on demande si c’est utile de le voir astiquer sa jolie Toyota avant d’accompagner sa fille en leçon de conduite. Le plus fabuleux, c’est que ce genre de passages dure plus longtemps que les scènes « spectaculaires » et l’on a l’impression que Luc Besson a écrit le scénario avec Guillaume Musso.

Dans Taken 2, vous pourrez aussi admirer des comédiens français qui jouent des albanais et parlent anglais avec un accent français, ce qui s’avère être un exercice plutôt difficile. On apprend également qu’à Istanbul, quand une grenade explose, tout le monde s’en tape. Maggie Grace possède le seul iPhone au monde qui a une autonomie de batterie de plus de deux heures. On vous épargne les plus drôles, mais n’allez pas non plus les découvrir vous-mêmes malheureux, vous risquez d’avoir une crise d’épilepsie.

Avec ce deuxième opus, Olivier Megaton et Luc Besson détruisent toute l’ambiance du premier, décident de faire disparaître tout le charisme du héros et nous pondent une suite qui a le mérite de nous faire plus rire que les trois quarts des comédies françaises. C’est déjà ça.

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