Critique : Ted – Toy Story

Affiche du film Ted réalisé par Seth MacFarlane sur laquelle Mark Wahlberg et Ted sont dans les toilettes d'un bar et urinent côte à côte. L'ours en peluche tient une bière. Ils sont pris de dos.

Avec Ted, le brillant Seth MacFarlane, à l’origine des séries animées American Dad et Les Griffin, va enfin pouvoir acquérir une véritable reconnaissance dans le monde entier. Il a osé mettre en scène un ours en peluche qui fornique à longueur de journées, balance des insultes à tout bout de champ et inhale autant de weed que Snoop Dogg. Et rassembler des millions de spectateurs avec une idée aussi barrée, on pensait que c’était impossible.

John est un enfant solitaire qui n’a aucun ami. Un soir, il fait un vœu : celui de voir son ours en peluche se transformer en être vivant. Le lendemain matin, il fait la connaissance de Ted, adorable nounours avec qui il signe un pacte d’amitié pour la vie. Aujourd’hui, John a 35 ans, une relation sérieuse avec Lori et un emploi stable. Il y a seulement un petit bémol… Il n’a jamais pu se séparer de Ted, avec qui il passe son temps à fumer et boire.

Il y a longtemps que l’on n’avait pas vu une comédie américaine aussi irrévérencieuse au cinéma. Nous avons eu de bonnes surprises cette année, comme Moi, député avec Will Ferrell ou 5 ans de réflexion avec Jason Segel mais Ted est de loin notre coup de cœur. Les cinq premières minutes, magistrales, nous plongent directement dans l’ambiance et nous font comprendre que si nous étions venus voir un film mignon gorgé de bons sentiments, il valait mieux faire demi-tour et demander le remboursement.

Ted est une petite enflure irrésistible qui nous réserve des scènes crades et des répliques d’anthologie. A l’écran, le nounours, incarné en performance capture par MacFarlane himself, est très réussi et les effets spéciaux du long métrage sont bluffants. Mieux développé et plus attachant que Paul, l’alien doublé par Seth Rogen, Ted est le pote que l’on aimerait tous avoir mais qui nous empêcherait forcément de devenir adulte. Car c’est de cela dont il est question dans le film. Le personnage incarné par Mark Wahlberg est tiraillé entre ses délires avec son compagnon et ses responsabilités d’adulte. Rien de nouveau dans les thèmes mais le concept et certaines idées de mise en scène rattrapent largement ce léger manque d’originalité.

Photo de l'ours Ted dans le premier volet de ses aventures réalisé par Seth MacFarlane. L'ourson est assis dans un canapé entouré de call-girls avec des boissons et à manger sur la table basse délaissée.

Après Very Bad Cops, Wahlberg prouve encore une fois qu’il est très à l’aise dans le registre comique et offre une prestation de glandeur qui nous rappelle celle de Jeff Bridges dans The Big Lebowski, le monument des frères Coen auquel Ted rend hommage. On craignait que Mila Kunis (Black Swan) soit laissée de côté au profit de la relation des deux mâles complices mais ce n’est absolument pas le cas et le propos romantique du film n’est pas balourd.

Les références pourront parfois lasser le public car elles évoquent des personnalités américaines pas forcément connues dans l’Hexagone mais l’on se consolera avec certains des meilleurs caméos de l’année. De grandes stars n’hésitent pas à jouer de leur image et il faut avouer que c’est un régal de les voir s’amuser, même si ce n’est que pour quelques instants. Toute l’équipe est rentrée dans le trip de MacFarlane qui n’a aucune limite et nous propose un scénario maîtrisé, inhabituel et rempli de situations tordantes. Honnêtement, on n’avait pas autant ri depuis un bon moment.

Ted est une comédie qui parvient à allier des thématiques récurrentes du genre avec la créativité d’un type très talentueux, qui endosse les casquettes d’acteur, réalisateur, producteur et scénariste sans aucun problème. C’est vulgaire, trash mais c’est aussi un feel good movie qui donne envie de retomber en enfance.

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