Critique : The Big Lebowski – Arnaques, crimes et botanique

Affiche du film The Big Lebowski des frères Coen, sur laquelle Jeff Bridges et Julianne Moore, dans un décor évoquant le paradis, s'apprêtent à lancer une boule de bowling.

On m’a demandé quel film je conseillerais pour une soirée entre amis. Même si le long métrage que je vais vous présenter m’est apparu comme une solution logique, j’ai tout de même hésité un petit moment. Lorsque j’ai repensé à l’épisode 16 des Ch’tis à Las Vegas et surtout au classique instantané Le Baltringue qui a révélé les talents de comédien du plus grand animateur de tous les temps, Vincent Lagaf, j’ai remis en question mon choix car ces deux programmes audiovisuels ont eux aussi marqué l’histoire de ma vie et égayé mes soirées entre potes. Mais heureusement, ils n’ont pas réussi à ébranler l’amour que je porte au chef d’œuvre des frères Coen, les deux plus grands génies de leur génération, qui représente, au delà d’une simple distraction, une véritable philosophie de vie.

Vous raconter l’histoire du Big Lebowski ne ferait que vous gâcher le plaisir. Globalement, c’est le parcours d’un type qui pète un câble parce que d’autres types sont venus chez lui pour uriner sur son tapis. A partir de là et comme souvent chez les Coen, c’est le début d’un enchaînement de péripéties qui n’ont pas toujours de sens mais qui sont toutes hallucinantes et jouissives.

Pourquoi regarder ce long métrage entre amis ? Tout d’abord parce que c’est la meilleure comédie des années 90 et que certaines poilades sorties récemment telles que Ted, Délire Express ou Les chèvres du Pentagone n’auraient pas été les mêmes sans elle. C’est également une ôde sublime à l’amitié dans laquelle John Goodman et Jeff Bridges forment l’un des duos les plus dingues et attachants du septième art qui s’amuse à démonter à la boule de bowling des nihilistes russes amateurs de pornos et tente d’arnaquer des gangsters en leur refilant leur sac de linge sale au lieu d’une rançon juteuse. Il est fondamental de consacrer une ligne à Walter (John Goodman), ce protagoniste borderline traumatisé par la Guerre du Viêtnam qui est souvent à la limite de l’explosion. Pour ceux qui l’ont déjà vu, je vois déjà que vous souriez rien qu’en y repensant. On y croise également Steve Buscemi en partenaire silencieux et forcé de se taire, Julianne Moore dans la peau d’une artiste fertile et surtout John Turturro qui fait une apparition christique dans le rôle de Jésus, joueur de bowling mexicain aux rituels étranges.

Photo de Jeff Bridges, Steve Buscemi et John Goodman dans le film The Big Lebowski des frères Coen. Les trois acteurs regardent le personnage de Jesus interprété par John Turturro assis sur leur banc de bowling. Ils paraissent effarés.

Le plus fabuleux dans ce long métrage, mis à part son scénario maîtrisé de bout en bout qui trouve sa logique dans l’absurdité et ses interprètes parfaits, est le personnage principal que l’on connaît tous sous le nom du Dude. Le Dude a instauré un mode de vie dans le monde entier. Il a érigé la glande au rang de profession. Grâce à lui, j’ai pu inscrire glandeur en catégorie socioprofessionnelle dans mes déclarations et cette situation me permet de toucher des allocations. Aujourd’hui, tous les dudelinos (adeptes du Dude) de la planète adorent siroter des russes blancs entre potes, s’allonger sur leur tapis et écouter des cassettes audio des meilleurs strikes de tous les temps. Le Dude, c’est cet individu qui vit sa vie paisiblement et ne cause de problème à personne. Vous en connaissez tous un et c’est avec lui qu’il faut que vous découvriez The Big Lebowski. Et ne vous inquiétez pas, en cas de pépin, vous pourrez compter sur lui car le Dude n’aime pas qu’on vienne marcher sur son territoire. Malgré son air de fumeur de ganja invétéré, il est toujours présent lorsqu’une embrouille pointe le bout de son nez.

Comme toutes les oeuvres des frères Coen et malgré son apparente légèreté, The Big Lebowski est une analyse de la condition humaine profonde et juste sur laquelle vous pourrez débattre avec vos potes longtemps après le visionnage, ce qui n’est pas le cas des banales comédies ou films d’action que l’on a l’habitude de voir tous les jours. Je suis prêt à parier que lorsque vous l’aurez vu, vous n’hésiterez pas à revenir sur certaines anecdotes avec vos amis et vous verrez, elles vous feront toujours autant rire. Plus qu’un simple divertissement, The Big Lebowski est une étape obligatoire dans votre vie qui changera à jamais votre vision des soirées « film entre amis ».

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