Critique : The Dark Knight Rises – Un épilogue magistral

Affiche du film The Dark Knight Rises sur laquelle Batman se tient droit face à l'objectif sous une pluie extrêmement sombre.

Ca y est, cette fois-ci c’est terminé. Christopher Nolan vient de conclure son « épique trilogie sur le Chevalier Noir ». Comme beaucoup de monde, nous attendions avec impatience ce troisième épisode. Cependant, nous n’avons jamais cherché à découvrir des détails sur l’intrigue, même si nous en connaissions les grandes lignes. L’élément de surprise était donc total pour nous, et tous les nombreux rebondissements du film ne nous ont jamais laissés sur notre faim. Nous sommes comblés, la boucle est bouclée d’une très belle manière. Peut être pas la meilleure mais en tout cas, cette franchise restera très longtemps dans nos mémoires et tient une place importante dans le paysage du cinéma du début du XXIème siècle.

Connaisseurs des comics, nous ne le sommes pas vraiment. Ainsi, aucune comparaison avec les différentes adaptations graphiques ne sera faite et nous prenons la trilogie de Nolan comme une saga indépendante et originale, que nous analysons sans faire de rapprochement avec ses nombreux prédécesseurs. Nous avions découvert Batman Begins avec curiosité à l’époque de sa sortie et nous avions déjà été conquis. La formation du héros, son intégration au sein d’un monde corrompu et réaliste, sa vocation aux sacrifices et sa consécration totale à un idéal, tous ces éléments fascinants nous avaient interpellés même s’il est vrai que l’œuvre souffre de gros défauts. Puis, le propos politique représenté par Harvey Dent et le chaos semé par le Joker nous avaient soufflés dans The Dark Knight, polar urbain époustouflant qui se terminait assez mal pour notre héros.

Héros que nous retrouvons épuisé, reclus dans son manoir huit ans après les terribles événements causés par le clown terrifiant interprété par le regretté Heath Ledger. Gotham est en paix mais Batman est en perte. C’est alors qu’arrive Bane, un redoutable mercenaire masqué et meurtri, un Goliath qui n’a qu’un but, détruire la ville. La révolution est en marche. Bruce Wayne le sait, il va devoir se relever de sa chute.

Photo de Tom Hardy s'avançant vers Christian Bale lors d'une scène de combat entre eux dans le film The Dark Knight Rises de Christopher Nolan.

Le plus fascinant dans The Dark Knight Rises est la capacité de Christopher Nolan à traiter autant de personnages sans en délaisser aucun. Il le faisait déjà dans Inception et il réussit à nouveau son coup. Le long métrage bénéficie d’un scénario extrêmement maîtrisé, divisé en trois parties et très bien retranscrit à l’écran même si la réalisation est peut être le côté le plus faible, malgré une abondance de plans sublimes et de scènes d’action efficaces. Regardez tous les noms prestigieux qui peuplent le casting. Rassurez-vous, aucun des comédiens n’est laissé pour compte et tous ont une importance capitale dans ce dernier chapitre très riche, loin d’être parfait mais tellement généreux qu’on n’a pas envie de mettre en avant ses défauts.

Si vous étiez sceptiques vis à vis de Catwoman et de l’actrice qui l’interprète, Anne Hathaway (Alice au pays des merveilles), vous allez être bluffés par son charme et sa présence, qui fait passer Halle Berry, l’héroïne du film de Pitof (Vidocq), pour un balai à chiottes. Si vous aviez apprécié l’animal Tom Hardy dans Warrior, Bronson ou La taupe, il va une nouvelle fois vous filer une mandale en pleine poire lorsque vous le verrez affronter Batman. La dernière grosse surprise vient de Joseph Gordon-Levitt (500 jours ensemble), flic acharné admirateur de l’homme chauve-souris. Pour le reste (Morgan Freeman, Gary Oldman, Marion Cotillard), ils sont irréprochables et notre coup de cœur revient au grand Michael Caine (La loi du milieu), qui donne envie de chialer dès qu’il a une réplique.

Bandeau du film The Dark Knight Rises sur laquelle Batman se tient au dessus d'une voiture de police de Gotham dans un paysage chaotique.

The Dark Knight Rises parvient à allier toute la symbolique du premier opus et le propos politique et social du second épisode. Les actes de terrorisme de Bane sont terrifiants et Nolan explore avec audace les traumas d’une Amérique à peine rétablie par les événements du 11 septembre. Il plonge son spectateur dans un univers extrêmement sombre mais jamais dénué d’espoir et l’on ressort secoué de la salle, persuadé que l’on vient d’assister à quelque chose de grand et beau malgré la noirceur de l’ensemble. Batman était déjà un symbole avant cette nouvelle trilogie, c’est certain. Mais Nolan a réussi à se l’approprier, à l’intégrer dans un nouveau monde, à créer une mythologie absolument fascinante. Les notions de sacrifice et de volonté ont été développées à merveille et Batman est un être humain attachant et vulnérable avant d’être un super-héros qui déboite les bad guys, ce qui s’avère assez rare pour le genre.

The Dark Knight Rises est le chapitre final des aventures d’un personnage qui est bien plus qu’un type vêtu d’une cape et d’un masque perché en haut des toits qui s’en va sauver la veuve et l’orphelin. Chef d’œuvre ? Meilleur film de super-héros ? Il est encore trop tôt pour le dire et il faudra le visionner de nouveau avec le recul nécessaire. En tout cas, un réalisateur qui vous file des frissons pendant la moitié de son film, c’est très rare. C’est pour cela qu’il faut absolument découvrir le long métrage de l’été en salles.

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4 réponses à Critique : The Dark Knight Rises – Un épilogue magistral

  1. Pascale dit :

    Déjà je suis !
    Je trouve qu’il a un mal de chien le Nolan à conclure et que d’ailleurs il ne conclut pas réellement.
    Tom Hardy sous un masque c’est une traîtrise vis à vis de l’acteur qui a un visage bien plus expressif et dramatique que ce masque.
    La quête écolo n’est guère convaincante.
    Mais il y a de bonnes choses grâce en grande partie au casting quatre étoiles. Il ne manquait que Leo pour qu’on parle d’une Inception bis !

    • Kévin Romanet dit :

      Pour la quête écolo, je suis complètement d’accord !
      J’ai adoré Bane, je trouve qu’Hardy arrive à faire passer énormément par la voix, le regard et sa lourde gestuelle. Après, on n’atteint pas le niveau de Bronson 🙂

      J’ai été ému par cette conclusion, je l’ai trouvée sincère, et ce, en grande partie grâce au casting, comme tu l’as dit !

  2. Pascale dit :

    Je voulais dire : déçue je suis… et pas déjà,
    ce qui ne veut rien dire 🙂

  3. J’avoue avoir été un peu perdu à 2/3 reprises mais le résultat final est quand même largement divertissant.
    Sinon j’ai beaucoup aimé la réplique dans la Bourse
    « Il n’y a pas d’argent à voler ici monsieur! »
    « Ah bon et qu’est ce que vous faites tous les jours ici alors? »
    Tres bon…

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