Critique : The Roommate – L’ivresse du nanar

Affiche de The Roommate sur laquelle Leighton Meester se tient au milieu de la cour de son université et regarde bizarrement l'objectif.

Pour décompresser et se relaxer, nous avons tous besoin de notre dose de débilité. Certains regardent Confessions Intimes, d’autres écoutent Michel Télo et il y en a même qui enregistrent Plus belle la vie. Mon truc à moi c’est le nanar, la bonne grosse purge. Il faut dire qu’avec The Roommate, je m’en suis payé une bonne tranche.

Sombre bouse sortie directement en DVD en 2011, ce qui est tout à fait légitime, The Roommate nous emmène dans les couloirs de l’université de Los Angeles, qui voit sévir une demoiselle un peu dérangée. Amoureuse de sa colocataire, elle n’hésite pas à faire du mal à tous ceux qui tentent de les séparer. Dans cette intrigue pseudo lesbienne, qui fera sûrement lever le pantalon des jeunes garnements, une troupe d’acteurs sur-maquillée aux abdos ultra développés et au regard de bœuf s’amuse comme elle peut sans se rendre compte qu’au lieu de participer à l’élaboration du suspense, ils le cassent et nous font rire.

A commencer par l’actrice principale, Minka Kelly, qui interprète une donzelle rêvant de bosser dans la mode et qui pense que se balader avec un chapeau H&M partout où elle va, même dans ses cabinets, c’est trop hype et ça lui ouvrira sûrement les portes de Vogue. Ce truc sur la tête lui prend tellement de place qu’elle est incapable de voir que sa pote est une grosse tarée qui prend son pied en lavant son chat à la machine. Ou c’est peut être son amour pour le batteur du groupe de rock d’une confrérie de kékés qui l’aveugle. Il faut dire qu’il est tellement séduisant, il a réussi à la choper en lui renversant de la Corona sur le décolleté. Quelle classe ! Avis aux adolescents et à Jean Paul le séducteur : ceci n’est pas une technique de séduction fiable. La seule chose que vous récolterez, c’est une belle baffe.

Photo de Minka Kelly se retournant lors d'une soirée dans le film The Roommate.

En ce qui concerne la mise en scène, Christian E. Christiansen, inconnu au bataillon (tant mieux), pompe l’air de rien Hitchcock et le magnifique Psychose, Liaison Fatale d’Adrian Lyne, puisqu’il sait que les seuls qui iront voir son film sont des collégiens qui emmèneront leur girlfriend pour les rassurer lors des séquences tendues. Et moi. J’avoue avoir flippé durant la scène de la douche (évidemment, il en fallait une) lorsque cette psychopathe de Leighton Meester (Gossip Girl) arrache le piercing au nombril d’Aly Michalka (College Rock Stars). Pathétique. Je m’attendais à du mauvais goût, mais pas à ce point. J’aurais dû m’en douter lorsque j’ai lu le nom de la super guest-star qui écope de l’un des seconds rôles les plus inutiles de ces dernières années. Cet invité, c’est Billy Zane, plus connu dans le milieu sous le surnom de l’enchaîneur de daubes  (Le fantôme du Bengale, Le roi Scorpion 3), mais qui, bizarrement, a réussi à se faire engager sur quelques bons films (Titanic).

The roommate est donc un sublime thrilleur écervelé racoleur. Ce film est une horreur, mais pas pour le sang qui y est versé. A la fin du générique, la sempiternelle phrase de regret m’est venue à l’esprit : « Je ne referai plus jamais ça ». Finalement, je dois avoir le nanar mauvais.

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