Critique : The Thing – Dans la neige, personne ne vous entend crier…

Affiches de The Thing de John Carpenter et du récent prequel sur laquelle nous découvrons la créature dans une combinaison des scientifiques.Les films d’horreur sont ceux qui sont le plus en proie à des remakes aux Etats Unis. Parfois ça peut être intéressant comme ce fut le cas avec les reprises de La colline a des yeux par Alexandre Aja ou La dernière maison sur la gauche par Dennis Iliadis. En revanche, de nombreuses réappropriations se sont avérées bien inutiles comme celles des Griffes de la nuit ou de Fog.

L’un des derniers remakes en date est celui de The Thing, classique de l’horreur réalisé par le Maître du fantastique, John Carpenter. Ici, l’élément vendeur et intéressant est que la nouvelle version est censée être un prequel qui se passe quelques jours avant le début de l’œuvre fondatrice. Cependant, l’histoire est quasiment identique. Une équipe de scientifiques se retrouve pourchassée par une créature qui peut imiter toutes sortes de cellules et donc prendre une apparence humaine ou animale. La difficulté pour les humains est que leur mission se déroule en Antarctique et qu’ils sont « confinés » dans ces grandes étendues de vide. La différence entre les deux réside dans le fait que les scientifiques recueillent le monstre sous sa vraie forme dans la nouvelle version tandis que dans l’original, le film débutait sur un chien courant vers la station américaine poursuivi par un hélicoptère qui finira par se crasher. C’est donc cette scène qui fera le lien entre les deux films.

La grande qualité de The Thing de 1982 et 2011, ce sont bien sûr les effets spéciaux. Les monstres créés par Rob Bottin pour Carpenter n’ont pas vieilli et sont encore aujourd’hui très répugnantes. Les effets numériques pour l’adaptation de Matthijs Van Heijningen, dont c’est ici la première réalisation, sont eux aussi époustouflants.

Là où l’original reste indétrônable, c’est dans son scénario. Le film mettait en scène des personnages qui ne pouvaient faire confiance à personne et devenaient complètement paranoïaques. Pour trouver une solution, ils étaient donc obligés de trouver des tests fiables afin de voir qui était contaminé. Un an avant la sortie du film, l’épidémie du virus du SIDA commence officiellement et John Carpenter a déjà son mot à dire sur une société qui rejettera complètement les personnes atteintes du VIH.

Dans le nouveau, l’aspect métaphorique disparaît complètement et l’on assiste plutôt à une sort de slasher où la chose décime peu à peu chacun des membres. C’est ce qui nous déçoit le plus. Si l’on a vu la version de Carpenter, on n’est ni surpris par les monstres, ni par les moments de tension. De plus, la solution pour faire les tests se trouve très facilement alors que dans le film de 82, les chercheurs mettaient du temps pour élaborer un plan.

L’original est donc nettement supérieur au remake même si ce dernier reste un honnête film d’horreur qui ne se regarde jamais sans déplaisir. Heijningen rend hommage à son modèle en bourrant son long métrage de clins d’œil et fait ses preuves dans un genre dont on espère qu’il saura un peu mieux expérimenter par la suite.

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