Critique : Titanic – L’insubmersible

Affiche du film Titanic de James Cameron à l'occasion de la ressortie du film en 3D. Nous y voyons Leonardo DiCaprio et Kate Winslet s'étreindre alors que le bateau coule.

En avril dernier sortait la version 3D de Titanic, l’énorme film de James Cameron. La conversion était parfaite, minutieuse et Cameron, maître dans le domaine, avait réussi à nous bluffer une nouvelle fois après l’époustouflant Avatar. Il a même réussi à changer l’image que nous avons du long métrage, que nous n’avions pas eu l’occasion de voir depuis de nombreuses années.

L’histoire, tout le monde la connaît. Un bateau, Jack, Rose et trois heures de grand spectacle à couper le souffle. Pour beaucoup d’entre nous, Titanic était un film de midinettes tirant sur les gros sentiments et lorsqu’on l’évoquait dans une discussion, on le présentait de cette manière un peu grossière et pas du tout représentative :

Wallpaper amateur du film Titanic de James Cameron.

Mais en le redécouvrant une première fois au cinéma puis en Blu-Ray, on s’est rendu compte que l’œuvre était beaucoup plus riche et consistante que ce que l’on croyait. Après 15 ans, tout le monde connaît Titanic par cœur et pourtant la recette fonctionne toujours à merveille. Rappelez vous d’Australia, deux jours après sa sortie, tout le monde avait cerné l’escroquerie. On ne peut s’empêcher en pensant à Titanic de le rapprocher de certaines fresques épiques et romanesques comme Autant en emporte le vent. Cameron a réussi à mettre en scène une histoire d’amour qui comporte forcément quelques passages mielleux mais à laquelle on croit à chaque seconde.

Mais le plus fabuleux reste son travail de reconstitution. Cameron est un magicien du cinéma, un technicien qui repousse sans cesse les limites. Grâce à lui, un génie comme Martin Scorsese a pu réaliser Hugo Cabret et Jonathan Liebesman nous a offert le somptueux La colère des titans (Oops !). On n’est pas amateur de 3D mais lorsqu’elle est immersive et permet de nouvelles perspectives de narration, il faut admettre que le spectateur a de quoi se régaler.

Pochette du Blu Ray de Titanic de James Cameron. Elle reprend la célèbre scène sur laquelle Kate Winslet et Leonardo DiCaprio s'étreignent à l'avant du paquebot.

Et le Blu Ray qui vient tout juste de sortir rend hommage au travail du cinéaste. Il faut absolument vous le procurer car c’est sans aucun doute l’une des plus belles sorties de l’année. Tous les détails ressortent, en particulier les mollards que Jack et Rose s’amusent à balancer par dessus le pont. On constate une nouvelle fois qu’il suffit de la musique de James Horner et de la mise en scène époustouflante de Cameron pour nous emporter à bord de ce paquebot insubmersible. Cameron a l’art de raconter en parallèle de l’histoire d’amour des faits poignants, comme la mort de Benjamin Guggenheim ou les musiciens qui décident de jouer jusqu’au dernier moment. On appelle ça de l’entertainment intelligent. Pour les amateurs, sachez que deux documentaires passionnants en HD sont également présents dans le Blu Ray, dont un qui revient sur les causes du naufrage.

Titanic, c’est vu et revu mais c’est toujours aussi bon, surtout dans une édition comme celle-ci. A préciser, il faut également le visionner car c’est l’un des trois seuls bons films de Billy Zane (pour une carrière de 678 longs métrages), qui joue l’ignoble rival de DiCaprio, plus gominé que jamais. On pourrait aisément cracher sur Cameron, qui raconte des histoires naïves et s’en fout plein les poches mais des types qui font avancer le cinéma et rassemblent un aussi large public, il n’y en a vraiment pas beaucoup.

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