Critique : True Romance – Love me tender

Affiche du film True Romance de Tony Scott sur laquelle tous les personnages principaux sont présentés sur un montage photo.

Le soir de son anniversaire, Clarence décide de se faire un cinéma. Un « triple feature », la trilogie Street Fighter avec le légendaire Sonny Chiba. Le même soir, Alabama lui renverse son popcorn dessus. La discussion commence, l’histoire d’amour aussi. Le problème, c’est qu’Alabama est une call girl et qu’elle a été engagée pour séduire Clarence. Lorsqu’Elvis, le mentor de Clarence, lui conseille de régler le problème au plus vite, notre héros se rend chez le macro de la femme de sa vie pour le tuer. Cette preuve d’amour véritable mettra le couple dans un pétrin inimaginable.

En découvrant Django Unchained, on a réalisé que Tarantino est un grand lover. Il le dit d’ailleurs sur la jaquette de True Romance. On lui fait souvent le reproche de ne pas réaliser une œuvre romantique mais les histoires d’amour qui traversent ses films sont souvent plus touchantes et subtiles que beaucoup de longs métrages censés faire craquer notre cœur de midinette. Rappelez-vous des échanges de regards entre Pam Grier et Robert Forster dans Jackie Brown, de la danse endiablée d’Uma Thurman et John Travolta dans Pulp fiction, des dernières minutes de Kill Bill volume 2.

Mais le summum reste évidemment True Romance. Tout est absolument parfait dans cette rencontre. On reconnaît Tarantino dans le personnage de Slater, qui n’a jamais été aussi bon. La première partie du film regorge de bons sentiments exprimés avec des dialogues propres au cinéaste. On se surprend à être émus par ces deux êtres paumés qui ne pouvaient que se croiser et l’on a envie que ça marche, on y croit autant qu’eux. Puis, le metteur en scène Tony Scott fait basculer cette histoire dans la violence et fait apparaître des personnages secondaires qui ont un point commun : ils sont tous complètement cinglés. Gary Oldman en dealer blanc qui se prend pour un noir, c’est magique. Brad Pitt en collocataire défoncé, c’est l’inverse de l’image qu’on a de lui. Vous croiserez également Val Kilmer dans la peau d’Elvis Presley, Tom Sizemore et Chris Penn dans celles de deux flics prêts à en découdre ou encore James Gandolfini dans le rôle d’une petite frappe sans pitié. Au milieu de tout ça, les deux amants survivent, s’éclatent et s’aiment.

Photo de Christian Slater et Patricia Arquette dans le film True Romance de Tony Scott. Assis dans un lit, les deux acteurs échangent un regard et sourient.

Nous sommes obligés de revenir sur une scène d’anthologie dans laquelle deux monstres sacrés s’affrontent. Christopher Walken vs. Dennis Hopper, c’est un régal. Leur conversation prend une tournure inattendue et l’on sent les deux tellement impliqués que l’on s’y croirait. On a l’impression de les entourer, de faire partie de cette séance de torture dans laquelle deux cadors s’échangent des jabs et des punchlines féroces. Au milieu de tout ça, il y a le fabuleux « Je n’avais tué personne depuis 1984… ». Tarantino sait rendre ses personnages complexes et complets en une séquence. Chapeau.

True Romance nous présente l’un des couples les plus mythiques du septième art, que l’on peut facilement associer à Bonnie & Clyde, Sailor & Lula et Rox & Rouky. A la fin, comme l’héroïne interprétée par Patricia Arquette, on ne retiendra que quatre mots : « They’re so cool. »

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