Critique : Un Jour – 20 ans de réflexion

Affiche du film Un Jour réalisé par Lone Scherfig sur laquelle Anna Hathaway et Jim Strugess s'étreignent dans la rue.

C’est triste à dire mais depuis qu’on l’a vue dans The Dark Knight Rises, on s’est mis à s’intéresser à Anne Hathaway. Evidemment, on la connaissait pour ses interprétations dans Le secret de Brokeback Mountain ou Le diable s’habille en Prada, des œuvres qui ne sont pas restées dans nos mémoires mais elle nous laissait indifférent. Il faut dire qu’après les deux longs métrages cités, la comédienne a enchaîné pas mal de purges. Meilleures ennemies, Les passagers, Valentine’s Day, Alice au pays des merveilles. Dur. Entre temps, il y a eu Love et autres drogues et Rachel se marie, réalisés par des cinéastes talentueux mais inégaux (Edward Zwick et Ted Demme) mais nous ne les avons pas vus. Puis nous sommes tombés sur Un Jour, « le film romantique de 2011 » adapté d’un bestseller dans lequel Anne partage la vedette avec Jim Sturgess (Across the universe). Une nouvelle erreur de parcours ou au contraire une preuve que l’actrice est à prendre très au sérieux ?

Ce fameux jour, c’est le 15 juillet. Chaque année, à cette date, Emma et Dexter se croisent, s’aiment et se déchirent. Pendant 20 ans, de leur rencontre jusqu’à aujourd’hui, ils vont vivre une histoire hors du commun et passionnée, en partageant les retrouvailles mais aussi les séparations, les moments de joie et les ruptures brutales…

En lisant le pitch, on s’est tout de suite dit qu’on allait avoir droit à une sorte de 7 ans de séduction bis, cette fois-ci basé en Angleterre. Même s’il y a quelques ressemblances dans le principe, les deux films sont complètement différents et Un jour opte pour un ton bien plus dramatique. Plus tendre que drôle, le long métrage reprend une recette déjà appliquée à beaucoup d’œuvres romantiques qui fonctionne toujours. En effet, comme souvent, nous suivons deux personnages que tout oppose mais qui sont attirés l’un par l’autre. Lui est fêtard, riche et insouciant. Elle est prude, modeste et consciencieuse. Classic ! Forcément, ces deux là ont tout pour s’aimer. Le duo fonctionne bien mais l’on pense que le jeu d’Hathaway est supérieur.

Peut être parce que le personnage de Sturgess est agaçant, dans l’excès et paumé. Ce qui est dommage, c’est qu’on ne s’attachera jamais totalement à eux et l’on gardera toujours une distance, ce qui n’était pas le cas par exemple dans le mélo le plus apprécié de ces dernières années, N’oublie jamais.

Photo de Jim Sturgess et Anne Hathaway dans le film Un jour. En voiture décapotable, les deux acteurs crient de joie et lèvent leurs bras en l'air.

On ne peut pas dire qu’Un Jour soit désagréable. Il est réalisé sobrement, les ellipses et retours dans le temps sont bien utilisés et donnent lieu à une jolie fin. La photographie met très bien en valeur les décors anglais et français (Paris y est toujours ensoleillé, c’est beau…), le thème de Rachel Portman nous plonge parfaitement dans l’ambiance même s’il s’avère moins efficace que celui de l’excellent Never Let Me Go. Le résultat regorge de bons sentiments, certaines séquences sont très émouvantes mais jamais nous n’avons l’impression de voir quelque chose de nouveau.

Là où la même année Blue Valentine et Never Let Me Go prenaient des chemins inhabituels et nous laissaient bouleversés, Un Jour ne fait que remplir son contrat mais sans prise de risque. Lone Scherfig sait comment charmer son public et se contente finalement du strict minimum. Nous avons donc un travail propre mais dénué de surprise.

Un Jour est un drame honnête porté par un duo d’acteurs solide mais n’est clairement pas le bijou romantique annoncé. Il fait partie de ce genre de longs métrages plaisants mais décevants, qu’on ne reverra pas de sitôt même si l’on en garde un bon souvenir.

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