Critique : Voyage au bout de l’enfer – In De Niro we trust

Affiche du film Voyage au bout de l'enfer de Michael Cimino sur laquelle Robert De Niro est face à l'objectif, porte un bandana rouge et porte un revolver à sa tempe.

Ca fait des années maintenant que Robert De Niro cachetonne dans des films pas terribles voire médiocres comme Stone, Trouble Jeu et bien d’autres. Certaines fois, il se réveille et se dépatouille pour nous sortir des projets sympathiques comme Raisons d’Etat ou Everybody’s fine qui passent malheureusement inaperçus en salles ou sortent directement en DVD. On en oublierait presque que c’est l’un des meilleurs acteurs de sa génération et du cinéma en général. Prenons l’exemple d’une décennie, sa plus prestigieuse, entre 1973 et 1984. En 11 ans, il a tourné avec certains des meilleurs réalisateurs américains, dont son confrère Martin Scorsese avec qui il collabora pour quatre chefs d’œuvre (Mean Streets, Taxi Driver, Raging Bull, La valse des pantins), Francis Ford Coppola pour la suite du Parrain, Elia Kazan pour Le dernier Nabab, et deux grands cinéastes italiens, Sergio Leone pour sa dernière œuvre, Il était une fois en Amérique, et Bernardo Bertolucci pour la fresque 1900. 11 ans, 2 Oscars. Il est là, le digne successeur de Brando. Mais pour Brozkinos, là où il a été le plus brillant et le plus émouvant, c’est dans Voyage au bout de l’enfer du génie Michael Cimino (La porte du paradis).

Au lieu de critiquer le film, l’une des meilleures adaptations sur la guerre du Vietnam qui l’aborde à travers le destin de trois amis ouvriers s’engageant fièrement, nous allons nous concentrer sur une scène clé. Le passage en question est celui de la deuxième chasse au cerf. Nous sommes dans la troisième et dernière partie du film, De Niro est rentré. Passionné par la chasse, il décide d’y retourner avec ses amis. Les paysages sont magnifiques, nous rappellent la première partie, qui traite de l’avant, et contraste avec la seconde, celle du pendant durant laquelle les scènes de tension viennent de mettre nos nerfs à l’épreuve. Pendant que ses amis tirent dans tous les coins sans atteindre leur cible. Michael (De Niro) prend son temps, pratique son art avec calme et sérénité. Lorsqu’il aperçoit l’animal, il se courbe, le vise, et les deux se regardent dans les yeux. Il va réitérer l’exploit, le « One Shot » qui signifie la véritable victoire sur l’adversaire, celle de la précision sur la vitesse. Mais au dernier instant, il lève son fusil. N’y arrivant plus, le décalage se fait entre lui et ses compagnons et surtout celui de John Cazale, séducteur moustachu qui s’obstine à porter son arme dans son havre de paix.

Photo de Robert De Niro en pleine partie de chasse dans le film Voyage au bout de l'enfer de Michael Cimino.En plus d’être un exceptionnel film de guerre, Voyage au bout de l’enfer explore la psychologie des personnages avec une véritable justesse, renforcée par l’interprétation exceptionnelle de tous les comédiens, de Meryl Streep à l’inoubliable Christopher Walken récompensé par un Oscar. De Niro trouve son meilleur rôle, celui d’un homme solitaire sur lequel ses amis peuvent compter jusqu’au bout. Il est très difficile de parler de ce film sans en évoquer les péripéties qui nous bouleversent à chaque visionnage. Un chef d’œuvre qu’il faut absolument voir et revoir. Cimino aurait pu tomber dans le cliché et le pathos très facilement en parlant de trois ouvriers polonais en route pour la guerre. Au lieu de ça, il filme leur vie sincèrement et leur joie du début est communicative, avant de montrer la dureté de cette descente qui choquera le spectateur.

Des bandeaux rouges, un barillet qui tourne, des claques qui parviendront jusqu’à notre visage, God Bless America. God Bless Robert De Niro.

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Une réponse à Critique : Voyage au bout de l’enfer – In De Niro we trust

  1. Sean Mc Cabe dit :

    And for « history » : after directing the very politicaly correct « Republican » « Green Berets », John Wayne made his last public apparition to provide with M Cimino the Oscar of best Movie at the ceremonie on 1979. For « Deer Hunter », not so « politicaly correct » on Duke’ s eyes. Faith is amazing….

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