Critique : War Horse – Le cheval qui murmurait à l’oreille des hommes

Affiche du film Cheval de Guerre de Steven Spielberg sur laquelle nous découvrons le soldat interprété par Jeremy Irvine marcher sur un champ de bataille avec un cheval.

La première chose à dire, c’est que l’on était (très) sceptiques vis à vis de War Horse. « C’est quoi l’histoire ? – C’est sur un cheval qui fait la guerre. – Ah ouais ? C’est naze alors. – Ben ouais. ». Et il faut admettre que nous avons été stupides avec nos fausses idées sur le film de Steven Spielberg. Depuis le dernier Indiana Jones, le retard de la sortie de Lincoln qui avait été annoncé il y a longtemps et sa casquette de producteur sur des projets pas terribles du tout (Tranformers 2 et 3, Cowboys & Envahisseurs), on était en droit de se dire que le bonhomme avait légèrement régressé. Aujourd’hui, on est très contents d’admettre qu’on avait tort.

Après les prouesses techniques et de mise en scène des Aventures de Tintin, il signe une épopée pleine d’espoir et loin du téléfilm Un jour une histoire que nous nous étions bêtement imaginés. Tout commence dans une Angleterre rurale dans les années 1910 dans laquelle un jeune homme tente d’élever un cheval qu’il baptise Joey et avec qui il nouera des liens très forts. On y croise des comédiens talentueux tels que Peter Mullan (Neds, Boy A), David Thewlis (London Boulevard, Harry Potter), Emily Watson (Breaking the waves, Punch Drunk Love) et le jeune Jeremy Irvine. Dans cette première partie, Spielberg renoue avec un cinéma familial et parvient à nous émouvoir en créant une relation touchante entre les deux compagnons. On ne peut s’empêcher de penser à E.T. qui nous présentait l’attachement qui pouvait se créer entre deux être différents.

Hélas, ils seront malheureusement séparés, le cheval étant acheté par un soldat britannique campé par l’excellent Tom Hiddleston (Minuit à Paris, Thor). S’ensuivront ensuite de nombreuses péripéties, dans lesquelles Joey vivra malgré lui un parcours exceptionnel.

Pour ceux qui n’aiment pas le cinéma naïf de Spielberg, il faudra passer votre chemin car c’est exactement ce que représente War Horse. On est spectateurs d’une œuvre où le grand enfant qu’il est s’exprime à merveille. Il réalise un film pour rassembler ses spectateurs. Sa reconstitution d’époque est très réussie et il n’a rien perdu de sa maestria pour filmer des séquences de guerre même si l’on n’est pas au niveau d’Il faut sauver le soldat Ryan. Il étouffe également la violence, mais encore une fois, le propos n’est pas de dénoncer les horreurs du conflit mais d’offrir un spectacle grandiose à toute la famille magnifié par la partition de John Williams.

Nous avions peur du requin des Dents de la mer. Ici nous aimons Joey. Il est le personnage principal mais Spielberg l’entoure de nombreux protagonistes et crée plusieurs axes dramatiques qui nous tiennent tous à cœur et qui sont tous captivants. C’est ce qui est prodigieux dans War Horse.

Le film souffre de passages trop longs dans sa deuxième partie. Mais il repart avec un tel souffle dans les quarante dernières minutes que l’on oublie vite ce petit défaut. Ce qui est dommage, c’est que les personnages ne s’expriment qu’en anglais, et pas dans leur langue natale. Là dessus, Spielb’ aurait pu tout de même faire un effort et nous caser des sous-titres, car on frise le ridicule dans certaines scènes.

Photo de Steven Spielberg sur le tournage de Cheval de Guerre.

A la fois drame humaniste et film de guerre, War Horse est un grand spectacle sublime dans lequel Spielberg alterne entre plusieurs genres comme il sait si bien le faire. On remet une nouvelle fois en cause l’idée qu’il serait le fils spirituel de Stanley Kubrick. Son cinéma optimiste (ce n’est pas un reproche) n’aura jamais la noirceur et le cynisme du metteur en scène de Shining, mais parvient encore à nous faire rêver avec une œuvre populaire et porteuse d’espoir qu’il est l’un des seuls à si bien réussir. Finalement, il faut de tout pour faire un 7ème Art.

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2 réponses à Critique : War Horse – Le cheval qui murmurait à l’oreille des hommes

  1. Spielberg est bel et bien le maître absolu de l’entertainment. Il arrive à donner vie à un scénario qui tiendrait sur une feuille de pq. Des plans incroyables, une musique qui prouve que Williams n’est toujours pas résolu à sucer les pissenlis par la racine.
    Quelques longueurs et imperfections plus tard (je pense surtout à ce plan orangé hideux et les sous titres comme vous le soulignez si bien) on plonge sans mal dans cette fable enfantine tant l’habillage est sublime.

    • Kévin Romanet dit :

      Ca me fait très plaisir que tu te sois laissé envouter. Le film n’est pas parfait, mais niveau mise en scène, Spielberg fait vraiment très fort.

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