Critique : Young Adult – Après Dior, c’est la Ben & Jerry’s que Charlize Theron adore

Affiche de Young Adult de Jason Reitman sur laquelle Charlize Theron est face à l'objectif en jogging et avec des bagages et paraît exaspérée.

L’affiche de Young Adult donne envie. En voyant Charlize Theron, devant un fond blanc ou noir pour le poster américain faire une tête de six pieds de long avec des valises, un petit chien bien dégueulasse dans son sac mais surtout, un tee-shirt Hello Kitty et un jogging, on se dit qu’elle va nous envoyer une performance de luxe, dans cette comédie où elle joue un écrivain immature de romans pour adolescents. Au dessus de la photo de la comédienne, on lit « Par le réalisateur de Juno et In the air ». Jason Reitman nous avait déjà convaincu avec ces deux films, mais aussi son premier, Thank you for smoking. Dans les trois, il évoquait avec une belle sincérité, une excellente direction d’acteurs et une mise en scène faussement indépendante trois problèmes de société à travers des histoires sympathiques, bien menées et qui réussissaient, malgré leur aspect dépressif, à nous donner le sourire.

Tous ces points communs que l’on retrouvait dans les trois œuvres de Reitman sont encore une fois présents dans Young Adult. Collaborant une deuxième fois avec Diablo Cody, la scénariste oscarisée pour Juno et à l’origine de la série United States of Tara, ils dressent ici un parallèle entre l’adolescence et le monde adulte, et le passage du premier au deuxième durant lequel chaque individu décide de suivre sa voie. Mais ils ne passeront pas par des flahsbacks entre le passé et le présent ou par un traitement chronologique sur plusieurs années. L’évolution du personnage principal, on la comprend lorsque Theron décide de revenir dans sa ville d’origine pour tenter de reconquérir son premier amour, qui vient d’avoir un bébé. Entre les habitants de la petite commune et notre héroïne qui a décidé de la fuir pour une bouffée d’air frais, on comprend que ceux qui ont grandi et acquis une maturité ne sont pas forcément ceux qui sont allés voir ailleurs en quête de nouveauté.

Charlize Theron est bluffante. C’est certain, elle nous livre l’une des interprétations les plus importantes de sa carrière. Elle nous fait sourire, passant de la nonchalance en s’envoyant des pots de glace à la vodka au « mode bonsoir » en quelques secondes pour séduire Patrick Wilson, qui l’épaule solidement. Elle est touchante, perdue dans sa vie, incapable d’avancer, à la limite de l’alcoolisme mais jamais dans le tire-larmes ou les bons sentiments écœurants qui remplissent les comédies romantiques. L’autre acteur brillant du film est Patton Oswalt, second rôle attachant  qui apporte une belle fraicheur.

Photo de Charlize Theron assise à la table d'un bar dans le film Young Adult de Jason Reitman.

Mais malgré toutes ces qualités, Young Adult est une déception. Manquant cruellement de rythme et reposant sur un scénario qui laisse trop de temps à la mise en place et met de côté certains protagonistes, Young Adult ne nous séduit pas vraiment même s’il est intéressant et se laisse regarder. C’est sans aucun doute le moins bon long métrage de Reitman, qui peine à nous captiver et à nous faire rentrer dans son sujet comme il avait su le faire auparavant.

Young Adult est loin d’être désagrable et reste au dessus d’un paquet d’adaptations foireuses du genre. Malheureusement, cette comédie douce-amère est trop plate, ni trop sucrée, ni trop acide, et nous laisse la sensation de voir une actrice au sommet dans une œuvre mineure qui ne méritait pas autant.

Kévin Romanet

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