Critique : Guns Akimbo – Shoot’Em Up

Affiche de "Guns Akimbo", sur laquelle Daniel Radcliffe affiche un air halluciné alors qu'il a une arme cloué à chaque main, qu'il lève en l'air. Le fond de l'affiche est jaune, comme le titre.

Après avoir incarné un mort enchaînant les flatulences dans le réjouissant Swiss Army Man, un promeneur de chiens dans la comédie Crazy Amy et un démon naissant dans Horns, Daniel Radcliffe continue de prouver avec Guns Akimbo qu’il a parfaitement su prendre le virage décisif de l’après-Harry Potter. Dans ce deuxième long-métrage de Jason Lei Howden, spécialiste des effets spéciaux qui a notamment travaillé sur La Planète des Singes : Suprématie, Avengers ou encore la trilogie du Hobbit, le comédien prête ses traits à un millenial qui a bien du mal à s’extirper de son canapé.

Les yeux rivés sur ses écrans, Miles se déchaîne et s’en donne à cœur joie dans des commentaires virulents. Mais lorsqu’il se met à troller la mauvaise personne, une escouade de fous furieux débarque chez lui et lui fixe un pistolet à chaque main à l’aide d’une grosse perceuse et autres clous rouillés. En se réveillant, le jeune homme découvre qu’il vient d’être intégré à Skizm, une émission ultra violente et diffusée sur le dark web, dans laquelle des candidats s’affrontent jusqu’à ce que morts s’ensuivent. Miles n’a alors que quelques heures pour tuer Nix, la joueuse la plus redoutable et déjantée du programme.

Photo tirée de "Guns Akimbo", sur laquelle Daniel Radcliffe hallucine quand il réalisé qu'il a une arme clouée à chaque main.

Commence alors un véritable défouloir qui ne ralentit quasiment pas pendant 1h30. Si le rythme est soutenu, le long-métrage n’a hélas pas la folie de l’injustement oublié Ultimate Game de Mark Neveldine et Brian Taylor, qui faisait preuve de davantage de méchanceté et surtout de radicalité pour dénoncer le cynisme crapuleux d’une entreprise similaire à Skizm. Guns Akimbo se rapproche davantage d’un Deadpool, en optant pour une subversion gentillette maquillée par des hectolitres d’hémoglobine.

Cependant, le plaisir est constant devant ce carnage, grâce à l’inventivité des scènes d’action et surtout à la traque entre les deux personnages principaux. D’un côté, Miles est un nerd qui s’en donne à cœur joie derrière son clavier, mais qui déchante totalement dès que la réalité sordide le rattrape. De l’autre, Nix est sans conteste l’une des héroïnes les plus badass croisées sur un écran depuis le début de l’année. Après le sympathique mais dispensable Wedding Nightmare, Samara Weaving rappelle qu’elle est actuellement la meilleure pour les explosions faciales, partageant ainsi la première place de ce prestigieux podium avec le Vince Vaughn de Section 99.

Photo tirée de "Guns Akimbo", sur laquelle Samara Weaving pointe deux armes vers l'objectif.

L’un des aspects les plus drôles de Guns Akimbo se trouve bien évidemment dans les difficultés que Miles rencontre pour se servir de ses mains alors que deux armes sont clouées dessus. Daniel Radcliffe n’a pas peur du ridicule et semble s’éclater dans le rôle de cet anti-héros largué, obligé de se frotter à nouveau au monde en robe de chambre, les mains percées, et pouvant uniquement compter sur la générosité d’un clochard qui suit le mantra de Cypress Hill. « Quand la merde débarque, t’as intérêt à être prêt », rappelle ce dernier en citant un classique du groupe de Los Angeles. Un adage que Miles devra apprendre à ses dépens, mais pour le plus grand plaisir du spectateur. Divertissement régressif et furibard comment on n’en voit quasiment plus dans les salles obscures, Guns Akimbo est une jolie surprise qui tient amplement ses promesses.

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